Le gouvernement gambien relance la liberté de la presse

Banjul, Gambie (PANA) - Le nouveau gouvernement gambien, sous la présidence d'Adama Barrow, a certainement enregistré des réalisations importantes, mais il fait encore face à de nombreux défis, a déclaré mardi, Demba Ali Jawo, ministre de l'Information, de la Communication et de l'Infrastructure.

"Bien que toutes ces réalisations ne soient pas si tangibles que l'on puisse y poser un doigt, le fait même que les gens soient maintenant libres de parler de toutes les questions sans craindre de représailles, est déjà une réussite", a déclaré Jawo à la PANA, dans un entretien exclusif sur les 100 jours au pouvoir du gouvernement.

Il a déclaré que les principales priorités de son ministère pour le développement des médias dans la nouvelle Gambie comprennent la création d'une atmosphère propice à la fois pour les médias publics et privés, sans aucune inhibition.

"Ces priorités peuvent sans aucun doute être obtenues en renforçant la confiance entre le gouvernement et les différentes parties prenantes", a-t-il déclaré.

Au cours du règne de 22 ans de l'ancien Président Yahya Jammeh, le gouvernement a eu des relations médiocres avec les médias, souvent marquées par des harcèlements publics, des assassinats et des disparitions de journalistes, la fermeture de maisons de presse, et de nombreux journalistes gambiens étaient forcés de trouver leur sécurité en exil.

Selon le ministre, la meilleure façon d'améliorer les relations entre les médias et le gouvernement serait de créer une atmosphère agréable dans laquelle les deux parties puissent dialoguer en permanence en tant que partenaires plutôt que de se regarder comme des adversaires.

"C'est l'objectif de ce gouvernement de respecter les dispositions constitutionnelles qui garantissent la liberté de la presse et la meilleure façon de l'atteindre est, pour toutes les parties, de veiller à ce qu'elles jouent leur rôle dans l'adhésion aux règles du jeu", a-t-il souligné.

Jawo a expliqué que son ministère entend, soit abroger, soit modifier la législation médiatique qui entrave la liberté de la presse. "Déjà, nous avons entamé des consultations avec le ministère de la Justice et le Syndicat de la presse de Gambie sur la façon d'atteindre cet objectif", a-t-il déclaré.

Jawo est l'ancien président de la Gambia Press Union (Gpu) et ancien rédacteur en chef de certains journaux en Gambie.

"Alors que le ministère est prêt à aider à renforcer les médias et à créer l'atmosphère idéale pour les journalistes, y compris le Syndicat de la presse de Gambie, il n'est certainement pas du ressort du ministère de prendre des mesures urgentes pour améliorer la Gpu", a-t-il déclaré.

Jawo a reconnu qu'il y avait eu une politique en place pour empêcher les journalistes des médias publics de devenir membres ou même de participer aux activités de la Gpu, mais il a assuré qu'une partie des réformes en cours vise à permettre à tous les journalistes d'appartenir à l'association professionnelle de leur choix.

En ce qui concerne l'accès à l'information des bureaux et des responsables du gouvernement, le ministre a déclaré : "En effet, l'accès à l'information par les journalistes a toujours été un problème majeur, avec diverses règles interdisant aux responsables de parler aux journalistes sans l'autorisation préalable de leurs supérieurs.

"Ce sont quelques-unes des réformes que nous voulons mettre en place afin de créer des conditions de travail équitables pour les journalistes. Nous envisageons également la promulgation d'une loi sur la liberté d'information qui facilitera la tâche aux journalistes d'avoir accès à l'information dans le domaine public.

"Je tiens à vous assurer que faire une visite à toutes les maisons de presse fait partie de mes projets immédiats, car cela fait partie des canaux de dialogue régulier que j'ai l'intention d'ouvrir avec les médias privés", a-t-il promis.

Rappelant son expérience lors du règne dictatorial de Jammeh, il a déclaré que, comme tous ceux qui travaillaient comme journalistes dans ce pays au cours des 22 dernières années, ce n'était certainement pas facile, car le terrain était loin d'être à niveau. «J'ai subi une certaine intimidation du régime et de ses agents, et j'ai également été témoin du harcèlement de certains de mes collègues, y compris l'assassinat de Deyda Hydara.

"Cependant, cette expérience dans le cadre du régime précédent devrait être une leçon pour nous tous, tant au sein du gouvernement que des médias, afin de garantir qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais dans le pays", a-t-il indiqué.

Le ministre a envoyé un message à tous les journalistes en Gambie : "Malgré les difficultés et les contraintes auxquelles ce gouvernement est confronté, nous sommes très désireux de créer des conditions  équitables pour que tous puissent opérer sans aucune inhibition excessive. Par conséquent, tout ce que nous voulons, c'est la compréhension et la coopération de toutes les parties prenantes, à la fois au pays et à l'étranger.

"Le ministère est prêt à coopérer avec tout le monde afin de projeter l'image correcte de ce qui se passe au lieu de s'appuyer sur des rumeurs et des spéculations", a-t-il conclu.
-0- PANA MSS/AR/MTA/BEH/SOC 02mai2017

02 mai 2017 18:21:34




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