Le gouvernement de Gbagbo récuse Raïla Odinga

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - Le gouvernement du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo a récusé le Premier ministre kenyan, Raïla Odinga, envoyé par l’Union africaine pour tenter de résoudre la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, l’accusant d’avoir pris parti pour Alassane Ouattara, proclamé vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale indépendante (CEI) et reconnu comme tel par la quasi-totalité de la communauté internationale.

"M. Odinga a failli à sa mission et nous ne sommes pas prêts à le recevoir ici en Côte d’Ivoire. Nous le récusons. Il prend ouvertement parti pour M. Alassane dans son communiqué qu’il a lu avant de partir", a déclaré le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Gbagbo, Alcide Djédjé, lors d’une conférence de presse qu’il a animée mercredi à son cabinet.

"Par conséquent, nous ne sommes plus prêts à recevoir le Premier ministre kenyan, Raïla Odinga, en Côte d’Ivoire", a-t-il ajouté.

A en croire le ministre Djédjé, le médiateur de l’Union africaine et le camp Alassane Ouattara brandissent comme préalable à toute discussion "la levée du blocus" de l’hôtel du Golf où sont retranchés Alassane Outtara et ses partisans depuis le début de cette nouvelle crise.

"La levée du blocus comme la condition d’ouverture des discussions n’est autre qu’un stratagème mis en place pour attaquer la ville d’Abidjan", a déclaré M. Djédjé, rendant compte des discussions entre le Premier ministre kenyan et le président Laurent Gbagbo.

Il a aussi indiqué que le président Laurent Gbagbo a maintenu le blocus pour des raisons sécuritaires.

" …Le blocus était maintenu jusque là en raison de la présence de 300 à 400 soldats des Forces nouvelles (rébellion) à l’intérieur de cet hôtel avec des armes lourdes qui ont servi à l’attaque durant les manifestations du 16 décembre 2010 et que face à cette situation, il a fallu prendre un minimum de mesures de sécurité pour protéger les personnalités résidant ou travaillant dans la zone", a-t-il souligné, rappelant que la levée du blocus est soumise à des modalités "pour être sûr que la sécurité sera assurée dans les environs".

Le gouvernement de Gbagbo ne veut plus d’une médiation conduite par M. Odinga, mais "il reste ouvert à toutes sortes de discussions venant de l’UA ou d’ailleurs. Car dans une médiation, on est chargé de rapprocher deux positions, mais on ne prend pas parti comme l’a fait Odinga. C’est lui seul que nous ne voulons plus dans notre pays", a conclu M. Djédjé.

Prévue pour durer une semaine, la mission de médiation de Raïla Odinga qui a débuté lundi, a été écourtée en raison du blocage dans les discussions entre les protagonistes.

-0- PANA GB/TBM/SOC 19jan2011

20 janvier 2011 20:14:00




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