Lagos- Nigeria (PANA) -- Le gouvernement de l'Etat du Plateau (nord du Nigeria) a imposé un couvre-feu du coucher au lever du soleil dans la capitale, Jos, à la suite des affrontements de vendredi entre chrétiens et musulmans dans cette ville, a rapporté samedi la presse locale.
Elle a indiqué que le gouverneur intérimaire, Michael Bomand, a annoncé cette mesure pour empêcher la montée des actes de violence, qui ont déjà entraîné l'incendie de deux églises et d'une mosquée.
Le nombre des victimes n'est pas encore connu, mais des sources ont indiqué samedi que certaines rues de la ville étaient jonchées de cadavres.
"Je suis coincé ici, dans mon magasin depuis hier.
Je n'ai pas pu rentrer chez moi à cause des affrontements", a déclaré un résident de la partie centrale de la ville, joint par téléphone samedi après-midi par la PANA.
Les violences, qui ont éclaté vendredi après-midi aux alentours de la zone Cono-Russia, ont rapidement gagné les principaux quartiers, obligeant les commerçants à fermer boutique et les résidents à fuir pour leur sécurité.
Le commissaire de la police de l'Etat, Abubakar Mohammed, a déclaré que ses hommes contrôlaient la situation, même si les principales artères de la ville étaient toujours bloquées par des jeunes déchaînés en armes dans la soirée de vendredi.
Bien qu'aucune raison officielle n'ait été donnée à cette crise, elle aurait été provoquée selon certaines informations par un communiqué prétendument diffusé par un groupe musulman, Jasawa Development Association (JDA), demandant à la population de la municipalité de Jos de voter pour un candidat musulman pour le poste de président du conseil.
JDA a démenti avoir diffusé ce communiqué.
Les affrontements entre chrétiens et musulmans sont courants dans le nord du Nigeria à majorité musulmane.
Mais ils sont devenus plus fréquents depuis le mois de janvier 2000, date où les Etats du nord ont commencé à introduire le code juridique islamique, la Charia, au grand dam des minorités chrétiennes vivant dans ces Etats.
Au cours des affrontements les plus meurtriers à propos de la Charia survenus à Kaduna en février et mai 2000, des milliers de personnes ont été tuées et plusieurs bâtiments, dont des églises et des mosquées incendiés, à l'occasion de plusieurs jours de violence.