Le gospel pour réconcilier l'Afrique et sa diaspora

Cotonou- Bénin (PANA) -- Quelque 200 artistes Béninois, mais aussi d'autres pays d'Afrique, d'Europe et d'Amérique, sont attendus à la première édition du festival «Gospel et Racines», qui se déroulera du 27 octobre au 3 novembre prochains, simultanément à Cotonou, Ouidah et Porto.
Volet culturel et spirituel le plus populaire du processus «réconciliation et développement», le Festival international «Gospel et Racines» a pour vocation, selon ses organisateurs, d'aider au retour de la compréhension mutuelle entre les Noirs d'Afrique et ceux de la diaspora.
Une vingtaine de groupes en provenance des Etats-Unis, des Antilles, d'Afrique du Sud et de plusieurs pays d'Afrique dont le Ghana, le Nigeria, la Côte d'ivoire, le Togo, la RD Congo, l'Afrique du sud et le Bénin participent à cette première édition parrainée par deux vedettes de la chanson africaine: Manu Dibango et Angélique Kidjo.
Après cette première édition, le Bénin accueillera en début 2003, une foire de la diaspora et un voyage symbolique de retour avec des escales dans les principales villes par lesquelles les esclaves étaient passées.
Il s'agit notamment de Gorée (Sénégal), Elmina (Ghana).
Ils séjourneront ensuite pendant une semaine au Bénin où sera mis en oeuvre le projet «Adopted village» leur permettant de se connecter à leur racine, à leur source, a révélé à la PANA, M.
Simon Adovelandé, directeur de l'Agence béninoise pour la réconciliation.
Rendez-vous obligé de tous les acteurs et partenaires de la réconciliation, ce festival, permettra aussi de promouvoir la musique Gospel en Afrique par une formation professionnelle des créateurs, promoteurs et techniciens, et un soutien effectif aux échanges et contacts entre les artistes et groupes africains et les vedettes et promoteurs internationaux.
Le festival qui revêt aussi une dimension économique par le développement d'initiatives diverses, notamment le tourisme, l'artisanat, l'édition, la production audiovisuelle et les NTIC, s'adresse aussi à toutes les couches de la population africaine et à sa diaspora en Amérique, en Europe et aux Caraïbe.
Pour le ministre béninois Luc Gnacadja, vice-président du comité d'Organisation, «la réconciliation ne se déroule pas subitement».
Il faut un processus pour amener les concernés à inter-agir, et ce festival qui est une émanation de la «Conférence des leaders pour la Réconciliation et le développement» fait partie, a-t-il indiqué, de ce processus.
A la conférence des leaders, était apparu clairement, rappelle-t- il, la nécessité d'avoir un cadre dans lequel les Africains d'ici et ceux de la diaspora pouvaient se retrouver.
La musique étant l'étude des choeurs, il est évident qu'elle pourra amener des frères d'ici et d'ailleurs à agir ensemble, se rencontrer et prendre conscience que nous ne devons plus prendre notre histoire comme un fardeau, mais en assumer les stigmates.
Le gospel qui provient de la contraction des mots «God» (Dieu) et Spell (incantation) est, a-t-on expliqué, une invention des esclaves noirs de la nouvelle Orléans aux Etats-Unis.
Déportés, déboussolés, séparés de leurs familles et arrachés à leur culture africaine, ces esclaves surent malgré tout à façonner leur propre identité culturelle.
Le Gospel qui a influencé toute la musique noire américaine et propage aujourd'hui encore un message dynamique religieux ou spirituel qui unit et apporte énergie et joie pourrait encore jouer un grand rôle dans l'aboutissement de la réconciliation.

26 octobre 2002 20:04:00




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