Le général Toumani Touré interpelle la classe politique

Bangui- Centrafrique (PANA) -- Le général Amadou Toumani Touré, envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine (RCA), a déclaré, dimanche, que la solution militaire aux crises récurrentes que vit ce pays ne devrait être qu'une composante de la solution politique qui, a-t-il dit, "est la seule qui soit durable".
Dans un point de presse fait à Bangui peu avant son départ de la capitale centrafricaine après deux semaines de contacts avec les protagonistes de la crise en RCA, le général Toumani Touré a évoqué la difficulté de sa nouvelle mission car, a-t-il affirmé, "pour certains, il n'y a rien à négocier".
Le général Toumani Touré avait déjà été dépêché par les Nations Unies au chevet de la République centrafricaine au lendemain de la grave mutinerie militaire qui avait secoué ce pays en 1996.
Qualifiant "d'interpersonnels" la plupart des problèmes que vit la RCA, le général Touré a accusé la classe politique centrafricaine d'avoir une lourde responsabilité dans les difficultés que connaît le pays depuis des décennies.
"A défaut de parler de coups d'Etat permanents, il faut parler de règlements de comptes permanents", a-t-il ironisé, déclarant que toutes les réconciliations antérieures faites de retrouvailles et d'embrassades "ont manqué de sincérité".
"J'ai été témoin des efforts louables et des décisions parfois humiliantes consenties.
J'ai rarement vu autorité se plier à tant d'exigences", a-t-il rappelé, dans une allusion aux concessions faites alors par le pouvoir en place face aux mutins.
Il a souligné que les mutineries répétées et la tentative de prise de pouvoir par la force, "sont inadmissibles et par là même vaines, condamnables et condamnées par l'opinion nationale et internationale".
Evoquant la situation financière du pays, le général malien a indiqué qu'un Etat démocratiquement élu a l'obligation de payer les salaires à terme échu, rappelant toutefois à ce propos la nécessité d'une bonne et saine gestion et de la lutte farouche contre la délinquance financière et la corruption.
S'agissant du sort réservé aux auteurs du coup d'Etat du 28 mai dernier, l'ancien chef de l'Etat malien a indiqué qu'une commission d'enquête travaille sur le sujet, avant d'ajouter : "Laissons la justice convoquer, entendre, inculper ou même innocenter les suspects".
L'émissaire spécial de Kofi Annan a cependant mis en garde contre toute forme de généralisation ou de préjugés avant la justice.
"Il serait dangereux, voire suicidaire de dire que tous les Caris, Mbatis, Saras, Ngbakas, Mandjas, Yakomas et Kabas sont responsables parce qu'un nombre plus important de personnes appartenant à telle ou telle de ces communautés est plus impliqué dans les évènement", a-t-il prévenu.

02 juillet 2001 19:27:00




xhtml CSS