Le général Cissé évoque le trafic de la drogue dans l'espace CEN-SAD

Tripoli- Libye (PANA) -- Au moins 20 tonnes de drogue transitent chaque année par la bande sahélo-saharienne pour une valeur estimée à un milliard de dollars américains, a déclaré mardi à Tripoli un ancien général sénégalais, Lamine Cissé, devenu consultant international en sécurité.
S'exprimant au cours d'un entretien avec la PANA en marge d'un atelier de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) sous le thème "Alerte précoce dans l'optique de la prévention, la gestion et le règlement des conflits en Afrique", il a estimé que ce trafic constitue un défi majeur de sécurité pour les pays membres de l'organisation.
Le général Cissé a affirmé que le point d'entrée de cette drogue se trouve dans les pays situés au bord de l'Océan Atlantique tel que la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Guinée et le Cap-Vert.
Il a indiqué que cette drogue traverse toute la bande sahélo- saharienne jusqu'en Méditerranée pour répartir ensuite en Europe, en Amérique latine et ailleurs.
L'expert sénégalais en sécurité a souligné que la gravité de la menace que fait peser ce trafic de drogue réside dans les défis tels que l'immensité des pays, le manque de contrôle des frontières, l'incapacité des pays à la frontière de cette bande de faire face aux narcotrafiquants et à leurs moyens de plus en plus sophistiqués.
Parmi les autres défis sécuritaires en Afrique, le général Cissé a énuméré l'aspect physique des pays comme le désert, l'aridité, la forêt, l'immensité des frontières poreuses qui favorisent les crimes transfrontaliers tel que le terrorisme.
Il a souligné qu'il s'agit de défis sous forme de nouvelles menaces auxquelles s'ajoutent les défis permanents, à savoir la pauvreté des pays africains, notamment certains pays de la CEN-SAD où l'indice de développement est faible avec des populations vivant avec des ressources estimées à 1,25 dollar par jour, ce qui signifie que la moitié des populations vit au-dessus du seuil de la pauvreté.
L'expert a estimé que ces défis constituent autant de facteurs qui aggravent la vulnérabilité de ces pays en les mettant à la merci de la tentation du gain facile, ce qui est un danger pour l'ordre public et la stabilité de ces pays.
L'ancien ministre sénégalais de l'Intérieur a plaidé pour que l'ensemble des pays africains, notamment ceux de la bande sahélo- sahariennne conjuguent leurs efforts afin d'harmoniser leurs stratégies face à cette menace.

26 Maio 2010 16:42:00




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