Le financement, faiblesse de la société civile ouest-africaine

Cotonou- Bénin (PANA) -- Le financement constitue la plus grande faiblesse des associations de la société civile ouest-africaine, a constaté mercredi à Cotonou le président du Club de veille pour la paix en Afrique de l'Ouest, John Igué.
Intervenait dans le cadre du Forum des partis politiques, médias et société civile sur la consolidation de la paix, M.
Igué a indiqué que "la plus grande faiblesse des associations de la société civile en Afrique de l'Ouest réside dans leur dépendance à l'égard des Etats et des bailleurs de fonds internationaux".
Le besoin de capter l'aide financière de l'Etat ou de la communauté internationale est devenue la cause de la multiplicité des formations et de la complaisance de certains d'entre elles dans la manière d'arbitrer les différents jeux politiques et de défendre véritablement les intérêts de la population, a-t-il dit.
A l'exception du Nigeria, où beaucoup d'ONG s'autofinancent, la plupart des associations ouest-africaines de la société civile manquent de moyens financiers pour fonctionner, facilitant ainsi l'entretien de liens de clientélisme avec les pouvoirs politiques.
"Ces liens de clientélisme ont des conséquences négatives sur le rôle attendu de ces structures en matière de la gouvernance et de lutte contre les mauvaises pratiques.
Du coup, plusieurs d'entre elles deviennent incapables d'arbitrer les différents jeux politiques et de superviser les consultations électorales qui s'organisent régulièrement dans la région", a expliqué M.
Igué.
Excepté les syndicats, peu d'associations de la société civile fonctionnent comme de véritables contre-pouvoirs en se prononçant vigoureusement contre les mauvaises pratiques.
Pour M.
Igué, la société civile ouest-africaine est à la croisée des chemins et a besoin d'être recentrée autour d'une nouvelle mission autre que celle de la démocratie participative afin de mieux faire face à ses difficultés actuelles.
Parmi les difficultés en question figurent la fragmentation excessive des organisations, leur niveau inégal dans la compréhension des enjeux du processus démocratique actuel et le manque d'un financement autonome pour fonctionner.
Beaucoup d'efforts restent à fournir pour construire une société civile africaine indépendante, crédible et capable de relayer l'Etat dans ses différents missions de régulation sociale et de contribuer efficacement à l'établissement d'une paix durable dans la sous-région, a conclu l'universitaire béninois.

29 juin 2005 18:00:00




xhtml CSS