Le directeur du PAM salue la volte-face du Zimbabwe

Harare- Zimbabwe (PANA) -- Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M.
James Morris, s'est réjoui vendredi à Harare de la volte-face du Zimbabwe qui a finalement décidé d'accepter les aliments génétiquement modifiés offerts comme aide.
S'exprimant au cours d'une conférence de presse, le patron du PAM a déclaré que la décision de Harare pourrait influencer d'autres pays de la région et ainsi les amener à assouplir leur position en ce qui concerne cette aide alimentaire.
C'est à l'issue des entretiens qu'il a eus jeudi avec le président Robert Mugabe que M.
Morris a obtenu le changement d'attitude du gouvernement du Zimbabwe sur les aliments génétiquement modifiés.
Quelque six millions de personnes sont menacées au Zimbabwe par une crise alimentaire due à une sécheresse dont les effets se sont fait sentir cette année sur la production agricole de l'Afrique australe.
"Je voudrais souligner l'importance, pour nous et les autres donateurs internationaux impliqués dans ce programme d'aide (alimentaire), de la décision du gouvernement zimbabwéen d'accepter les aliments transgéniques.
Je suis sûr que cela aura un impact et une influence sur les autres pays dans la même situation et les amènera à modifier leur attitude", a dit M.
Morris.
"Cela va maintenant élargir les possibilités en ce qui concerne l'obtention d'une assistance et accroître le volume des ressources disponibles pour les programmes d'aide alimentaire au Zimbabwe et dans les autres pays", a affirmé Morris.
Jusqu'à jeudi, le Zimbabwe refusait l'assistance offerte sous forme d'aliments génétiquement modifiés, au motif que ces produits seraient nocifs à la santé humaine.
Aux termes de l'accord conclu entre M.
Morris et le gouvernement de Harare, tous les aliments OGM seront moulus dès réception afin de veiller à ce qu'ils ne s'égarent pas sur le marché intérieur où ils pourraient être considérés comme des semences.
M.
Morris, qui effectue une tournée dans six pays d'Afrique australe frappés par la sécheresse en qualité d'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, a affirmé avoir reçu l'assurance du gouvernement que la contribution des ONG et des autres organismes caritatifs à l'aide alimentaire sera la bienvenue et que les secours ne seront pas utilisés comme arme contre les opposants politiques.
Certaines organisations caritatives et des partis politiques ont accusé le gouvernement de contrecarrer leurs efforts visant la mise à disposition d'une assistance alimentaire, au prétexte qu'elles travailleraient à saper son autorité et de priver d'aide alimentaire les sympathisants de l'opposition.
"J'ai été encouragé par les assurances que j'ai reçues des ministres du gouvernement et du président Mugabe qui invitent les ONG à intervenir dans le pays.
Ils m'ont également assuré, et je les crois, qu'aucune assistance ne sera utilisée comme instrument politique.
Le refus de ce genre de manoeuvre est une politique fondamentale de notre organisation", a-t-il affirmé.
M.
Morris a indiqué que les Nations unies ont reçu des engagements équivalents à 40 pour cent des 610 millions de dollars qu'elles ont demandés pour financer l'assistance alimentaire et autres destinés à l'Afrique australe et a fait part de son optimisme quant à ses chances de réunir le complément.
"Nous avons eu des échanges de vues intéressants avec les donateurs.
Nous ne ménageons aucun effort pour convaincre d'autres donateurs potentiels tels que la Corée du Sud, la Russie, la Chine, l'Inde et les Etats du Golfe", a-t-il déclaré.
Il a également fait remarquer qu'en sus de l'assistance alimentaire, les Nations unies fourniront une assistance médicale et agricole au Zimbabwe sous forme de médicaments et d'intrants pour la prochaine campagne agricole.
M.
Morris quitte le Zimbabwe samedi pour le Malawi.

06 septembre 2002 23:47:00




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