Le député Said Ali Kémal appelle à "un forum républicain"

Moroni- Comores (PANA) -- Le président Azali Assoumani est rentré mardi aux Comores, après un long périple qui l'a conduit depuis le 04 septembre, successivement au Burkina Fasso, en France, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud où il a été reçu par le président Thabo Mbeki, coordinateur des efforts de l'Union africaine aux Comores.
Pendant son absence, son tout nouvel allié, le prince Said Ali Kémal, leader du parti Chume et député de la région de Bambao préparait le terrain en faveur de la naissance prochaine de ce qu'il a appelé le "Forum républicain".
"Personne n'est satisfait de l'Etat actuel des Comores, ni ceux qui sont au pouvoir, ni ceux qui sont dans l'opposition.
Tout le monde est préoccupé par tant de blocages.
Il ne sert donc à rien de continuer à tirer la corde parce qu'il finira par céder et tout le monde tombera et se fera mal", a déclaré le prince Said Ali Kémal au cours du congrès de son parti à Iconi la semaine dernière.
Le chef du Chume a confirmé son rapprochement avec la Convention pour le renouveau des Comores, le parti soutenant le colonel Azali, en affirmant vouloir "travailler avec la CRC" dans le but de préserver l'Unité des Comores.
Il a, en outre, relancé le débat sur la pertinence même des institutions dont les Comores viennent de se doter, fondées sur quatre Constitutions, une de chaque île et une de l'Union.
On rappelle que le 12 décembre dernier, Said Ali Kémal, alors dans l'opposition, avait écrit à Thabo Mbeki, garant international du processus de conciliation nationale aux Comores.
Dans sa lettre, le leader du Chume s'était plaint du fait que la République des Comores avait été désarticulée avec "quatre Constitutions instituant quatre Assemblées législatives, quatre présidents, quatre gouvernements, quatre emblèmes pour une population de moins d'un million d'habitants".
Le Prince Said Ali Kémal a toujours estimé que "la volonté de résoudre la crise ne s'est pas beaucoup manifestée" du côte de la communauté internationale, qui aurait, paradoxalement, poussé vers la balkanisation des Comores.
Ces remises en cause des nouvelles Constitutions de la part du leader du Chume recoupent certains souhaits du président Azali manifestement hostile à l'application intégrale des nouvelles institutions.
En atteste le bras de fer qui l'a opposé au président de l'île de la Grande Comore, Mze Abdou soulé El-bak, au cours des deux dernières années.
A ce jour, le président Azali n'a pas confirmé qu'il quitterait le pouvoir dans un peu plus d'un an conformément au principe de la présidence tournante prévue par la Constitution pour laisser ainsi le fauteuil à un Anjouanais ou un Mohélien lui-même étant originaire de la Grande Comore.
En revanche, il n'a pas non plus évoqué clairement l'éventualité d'une initiative de faire réviser la Constitution de l'Union pour s'ouvrir la possibilité d'un nouveau mandat.

29 Setembro 2004 11:57:00




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