Le chef des droits de l’homme de l'ONU alarmé par la poursuite des allégations d'abus sexuels en ‎Centrafrique

New York, Etats-Unis (PANA) - Le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Al-‎Hussein, a déclaré vendredi qu'il était extrêmement alarmé par la poursuite des allégations d'exploitation ‎sexuelles et d'abus de mineurs en Centrafrique par des membres des forces militaires ‎étrangères.

Les crimes allégués ont surtout eu lieu en 2014, selon un communiqué du Bureau des droits de l'homme des ‎Nations unies, mais ne sont venus à la lumière qu’au cours des dernières semaines.

Il a déclaré qu'une équipe conjointe des Nations unies en Centrafrique a récemment interviewé un certain nombre ‎de jeunes filles qui ont dit qu'elles avaient été exploitées sexuellement ou été maltraitées par des soldats ‎étrangers.
‎"Ce sont des accusations extrêmement graves et il est crucial que ces cas soient soigneusement étudiés et ‎de toute urgence", a déclaré Al-Hussein.  

Quatre des filles ont déclaré que leurs agresseurs étaient attachés à des contingents opérant dans le cadre ‎de l'opération de l'Union européenne (EUFOR / RCA), et deux des filles interrogées ont déclaré qu'elles ‎ont été violées par des soldats de l'EUFOR, et les deux autres filles ont dit qu'elles ont été payées pour avoir  ‎des relations sexuelles avec d'autres soldats de l'EUFOR.

Le chef des droits humains des Nations unies a soulevé les cas la semaine dernière, avec les autorités ‎européennes, géorgiennes et françaises, ainsi qu'avec un autre pays sur une allégation similaire pour ‎laquelle une corroboration supplémentaire est nécessaire.  

Toutes les quatre autorités ont rapidement répondu au chef des droits de l'homme des Nations unies et ‎ont déclaré qu'elles ont déjà entamé des enquêtes ou renvoyé les affaires devant les autorités judiciaires ‎compétentes dans leurs pays respectifs.  

‎"Je suis encouragé par les réponses initiales que nous avons reçues des pays concernés, ainsi que de ‎l'Union européenne, qui montrent qu'ils prennent ces terribles allégations très au sérieux", a déclaré M. Al-‎Hussein, notant que son bureau continuera à suivre de près ces cas et tous les autres qui émergent du ‎fait que l'équipe de l'ONU sur le terrain continue ses investigations.

‎"Beaucoup trop de ces crimes restent impunis, avec les auteurs jouissant d'une totale impunité. Cela ‎encourage tout simplement de nouvelles violations, et les États membres ont l'obligation d'enquêter, de ‎poursuivre et de veiller à ce que les victimes reçoivent la réparation à laquelle elles ont droit.

‎"Comme de plus en plus de cas apparaissent, impliquant de plus en plus des contingents nationaux, il est ‎également clair que toutes les forces militaires étrangères, que ce soit de l’ONU ou non, doivent employer ‎des mesures beaucoup plus fortes et plus efficaces pour prévenir la maltraitance et l'exploitation, et pas ‎seulement en Centrafrique", a-t-il déclaré.‎

Le Bureau des droits de l'homme des Nations unies a également signalé qu'un certain nombre d'affaires ‎impliquant des soldats de la paix de l'ONU sont venues à la lumière au cours des entretiens menés par l'équipe ‎conjointe des Nations unies.  

‎"Ces cas sont traités séparément par les départements de l'ONU traitant de maintien de la paix avec les ‎pays concernés qui contribuent en troupes à la Mission intégrée de stabilisation multidimensionnelle des ‎Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), conformément à la politique standard des Nations unies," a ajouté le ‎communiqué.  
‎-0- PANA AA / AR/MTA/TBM  29jan2016 ‎

29 janvier 2016 18:24:54




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