Le changement climatique n'est plus une spéculation, selon Ban

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a invité la communauté internationale dans son ensemble à relever les défis posés par le réchauffement de la planète et à prendre des mesures appropriées.
"Ce changement climatique dû au réchauffement de la planète est un problème très grave et urgent sur lequel la communauté internationale doit se pencher.
C'est un problème très imminent.
Il ne s'agit plus de spéculations", a déclaré M.
Ban mardi au cours d'une conférence de presse qu'il a donnée en marge du Sommet de l'Union africaine (UA).
Le changement climatique et le réchauffement de la planète étaient au menu de la Huitième session ordinaire de l'Assemblée de l'UA qui était principalement axée sur l'application de la science et de la technologie dans les projets de développement de l'Afrique.
"Il était très opportun et approprié que l'UA convoque une réunion sur ce sujet.
L'ONU ainsi que d'autres membres de la communauté internationale ont décidé de jouer un rôle majeur dans la résolution des problèmes posés par le changement climatique", a-t-il déclaré, en invitant l'ensemble de la communauté internationale à s'attendre et à se préparer aux mesures qui seront prises après 2012.
"En tant que Secrétaire général, j'accorderai toujours la plus haute priorité et je parlerai de ce problème avec les dirigeants de la communauté internationale afin de faire avancer des mesures concrètes", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a invité les gouvernements et les agriculteurs africains à intensifier toutes les activités liées au contrôle de l'eau afin de renverser les conséquences néfastes du changement climatique.
"S'agissant du changement climatique, l'Afrique en a déjà subi les conséquences.
Nous avons vu la sécheresse s'installer en Afrique australe où nous avons dû envoyer d'urgence 2 milliards de dollars d'aide alimentaire et désormais ce phénomène s'étend à la Corne de l'Afrique et à certaines régions de l'Afrique de l'Ouest", a déclaré M.
Diouf à la PANA.
"La première manifestation de ce changement climatique est le nombre et la gravité des cas de sécheresse à travers le continent.
"Si l'on s'en tient aux prévisions actuelles, faute d'une action immédiate, la superficie du continent africain avec une pluviométrie insuffisante pour l'agriculture va passer de 50 millions d'hectares à 90 millions d'hectares.
C'est la zone qui présente le plus de risques en termes de production agricole", a-t-il déclaré.
M.
Diouf a suggéré que les mesures de contrôle de l'eau en Afrique comprennent la récupération de l'eau à petite échelle, les systèmes d'irrigation et d'assainissement au niveau des villages, la construction de petits puits et canaux qui va permettre d'acheminer l'eau de surface là où elle peut être utilisée pour la production agricole.
En plus de ces mesures, le patron de la FAO a estimé que les barrages existants et les grands systèmes d'irrigation construits à un coût très élevé et restés inutilisés devaient désormais être réhabilités.
"Il est important d'encourager les dirigeants africains et les agriculteurs du continent à utiliser les ressources hydriques disponibles en abondance dans leurs pays", a-t-il souligné, en indiquant que seulement 7 pour cent des terres arables du continent étaient irriguées à l'heure actuelle.
En Afrique sub-saharienne, il a révélé que seulement 04 pour cent des terres arables étaient irriguées.
Ce qui faisait que l'Afrique n'utilisait que 3,5 pour cent de ses ressources hydriques renouvelables comparé à l'Asie qui utilisait près de 15 pour cent de son eau à des fins d'irrigation.
S'agissant de l'application de la science et la technologie en Afrique, M.
Diouf a soutenu: "Il est essentiel d'appliquer ce qui a été réalisé dans d'autres régions du monde".
En soulignant l'importance de la recherche dans la production agricole et l'élevage, il a expliqué que la science et la technologie nécessitent l'utilisation effective de variétés de cultures à fort rendement, des engrais adéquats et de la meilleure gestion intégrée pour lutter contre les maladies des plantes et du bétail.
Il a estimé que les programmes de recherche entrepris en Afrique devaient mettre à la portée des agriculteurs des technologies plus efficaces qui les rendraient plus productifs et concurrentiels.
"Nous avons pu constater que par l'application de politiques adéquates en matière de gestion de l'eau, la diversification des cultures tant dans le domaine de l'élevage que dans l'aquaculture, le secteur agricole dans certains pays a enregistré une croissance annuelle de 5 à 6 pour cent par an au cours des cinq dernières années", a déclaré M.
Diouf.
Il a mentionné le cas du Burkina comme une réussite.
En effet, malgré son environnement hostile et le fait qu'il soit frontalier avec le Sahara, ce pays d'Afrique de l'Ouest a commencé à exporter vers l'Europe des légumes qu'il a fait pousser sur des sols auparavant considérés comme stériles.

30 janvier 2007 15:10:00




xhtml CSS