Le XVème sommet de la Francophonie au creux des controverses de l'actualité sénégalaise

Dakar, Sénégal (PANA) - A une dizaine de jours de la tenue du sommet de la Francophone à Dakar, les réactions ne sont guère au même diapason, à l'évocation de cet événement important pour les Etats du monde entier ayant en partage la langue française, ainsi que pour le pays qui l'accueille.

Déjà l'annonce d'une marche de protestation prévue pour ce vendredi à Dakar par le Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ancien président, Me Abdoulaye Wade, appuyé par d'autres partis alliés, apparaît comme un trouble-fête dont l'avènement se profile à contre-courant de tout le bénéfice que le pays d'accueil estime tirer de l'organisation de ce sommet à Diamniadio  (34 km de Dakar) où un Centre international de conférence (CICD) d'un coût de 51,1 milliards de francs CFA, a été érigé.

Plus que le concept même de la Francophonie, c'est également l'enveloppe financière de ce Centre qui continue de faire débat à différends échelons de la classe politique, dans la rue comme dans les médias sénégalais, depuis l'inauguration, le 23 octobre dernier, de ce joyau turc.

Noël Malick Seck, un ancien dirigeant de la Jeunesse du Parti socialiste sénégalais et son association « Mom sa Rew » (« Ton pays t'appartient », en wolof), ainsi que ses soutiens politiques, qui se réclament des « anti-impérialistes, des nationalistes », vont en guerre contre ce sommet, en prévoyant d'organiser pendant les deux jours de l'événement (29 et 30 novembre) une manifestation à l'allure d'un contre-sommet, pour « éveiller la conscience de la population » et « dénoncer » le fait que la Francophonie soit « devenue une organisation politique... au profit de l’administration française ».

« Nous sommes dans un pays pauvre et nous dépensons 57 milliards pour organiser un sommet de la Francophonie, alors que nous n’avons pas d’hôpitaux dignes de ce nom, nous n’avons pas d’universités dignes de ce nom. Ce gaspillage-là est injustifié dans le contexte que nous vivons »,  clame Noël Malick Seck, dans un entretien avec la PANA.

Un son de cloche qui fait l'affaire de ce demandeur d'emploi, Amath S., 47 ans, pour qui «c’est du gaspillage, du folklore. Nous sortons d’un hivernage désastreux qui nécessite pas moins de 80 milliards aux paysans; alors pourquoi dépenser plus de la moitié pour une Francophonie sans intérêt pour les populations?» interroge-t-il.

A. Sy semble appuyer Mohamed S., un retraité d'une entreprise de la place et chauffeur de métier, qui estime que le plus urgent se trouve ailleurs, comme si, faute de trouver leurs comptes dans les 900 emplois directs et 1.200 autres emplois indirects générés par la construction du CICD, le tout Sénégal ne saurait également en tirer profit.

Par contre, pour Youssoupha D., informaticien de son état, «le sommet de Dakar permettra la création d’emplois, la motivation des investisseurs qui vont affluer en nombre important vers notre pays», a-t-il fait remarquer, précisant que ce « grand rendez-vous va booster le tourisme d’affaire au Sénégal », tandis que la diplomatie sénégalaise pourra « retrouver son rôle et sa place dans le concert des nations ».

Certes à l'approche de ce sommet, bien des structures, notamment du secteur économique, ne manquent pas de se frotter les mains, à l'image des hôtels et autres centres d'accueil de la capitale où devront être hébergés les participants, Diamniadio n'ayant pas, dans la précipitation, réussi à réaliser les chaînes hôtelières prévues dans ce nouveau pôle urbain.  

Les chauffeurs de taxi, aussi bien que les sociétés de location de véhicules y flairent déjà l'aubaine, tandis que leurs tarifs annoncent déjà le pouvoir de la demande sur l'offre de couvrir les 34 kilomètres qui sépareront les lieux d'hébergement du Centre de conférence.

Le Sénégal accueille, pour la seconde fois après celui de 2006, le sommet de la Francophonie qui devra débattre de la thématique «Femmes et jeunes en francophonie vecteurs de paix, acteurs de développement» et procéder à l'élection de son Secrétaire général, l'actuel, Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, élu à ce poste  en 2002 au Liban et réélu en 2006 en Roumanie ayant renoncé à  briguer un 3ème  mandat.

D'une dizaine au départ, le nombre des candidats à la succession du Sénégalais semble se réduire à cinq personnalités Henri Lopes, écrivain congolais, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, l'Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu, le Mauricien Jean-Claude de l'Estrac, actuel Secrétaire général de la Commission de l'Océan indien  (Afrique) et la Canado-haïtienne Michaëlle Jean.
-0- PANA FAK/SSB/IBA 17novembre2014

17 novembre 2014 16:29:36




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