Le Soudan refuse de commenter les combats dans le Darfour

  Khartoum- Soudan (PANA) -- Les autorités soudanaises ont refusé de commenter l'intensification des combats entre les soldats gouvernementaux et les deux mouvements rebelles dans la région du Darfour dans l'ouest du Soudan, en violation du cessez-le-feu qu'elles ont signé récemment à N'djaména, au Tchad.
   Dans le cadre de l'accord signé le 8 avril, les parties en guerre avaient convenu de cesser les hostilités à la date du 11 avril, de garantir un passage sûr pour l'acheminement de l'aide humanitaire vers la région frappée par la famine, de libérer les prisonniers de guerre et de désarmer les milices rendues responsables de l'essentiel de la violence.
Il s'agissait du troisième cessez-le-feu du genre à être signé par le gouvernement soudanais et les deux groupes rebelles - le Mouvement pour la justice et l'équité, et le Mouvement de libération du Soudan - qui ont lancé les combats il y a 14 mois.
Dans un communiqué de presse rendu public vendredi à Khartoum, le secrétaire d'Etat auprès du ministère des Affaires humanitaires, Mohammed Yousif Abdellah a dit que le gouvernement est désireux d'évoquer toute violation du cessez-le-feu pour essayer de maintenir le cessez-le-feu précaire.
"Le gouvernement est désireux de rendre compte à la commission chargée du cessez-le-feu qui entreprend une enquête à chaque fois que l'accord est violé ou pas.
La commission est l'unique organe qui peut déterminer si il y a une violation du cessez-le-feu ou pas" a dit M.
Abdellah.
Par ailleurs, le secrétaire général du Congrès national au pouvoir, Abrahim Ahmed Omar, a dit que le gouvernement soudanais était opposé à tous les actes menés par les milices ou autres éléments qui ont constitué une menace pour la sécurité tchadienne ou ont généré de nouvelles tensions entre ses citoyens.
Répondant à la protestation émise jeudi par le ministère tchadien des Affaires étrangères auprès de l'ambassadeur soudanais à N'djaména, Hassan Bashir, suite aux incursions transfrontalières des milices janjaweed venues du Darfour, M.
Omar a dit aux journalistes que le gouvernement ne pouvait tolérer que quiconque perturbe "nos relations avec le Tchad".
   "Les liens entre deux pays voisins et en particulier, les partis au pouvoir, son uniques.
Nous saluons fortement le rôle joué par le président tchadien Idriss Deby dans les discussions de paix avec les rebelles" a dit M.
Omar, à l'occasion d'un briefing de presse à Khartoum.
   Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Mustafa Osman Ismail a nié vendredi, les allégations selon lesquelles, les forces gouvernementales soudanaises étaient engagées dans une campagne de "nettoyage ethnique" dans la région du Darfour.
M.
Ismail réagissait ainsi, à une information diffusée par Human Rights Watch, basée à New York, qui accuse le gouvernement de Khartoum de chasser plus d'un million de citoyens noirs soudanais de leurs maisons.
Human Rights Watch (HRW) affirme que les soldats soudanais et les miliciens arabes nomades, avaient tué des milliers de personnes dans le cadre d'une campagne délibérée destinée à chasser les tribus africaines de la région du Darfour.
L'organisation accuse aussi, le gouvernement de fourni des armes et un soutien aérien à la milice Janjaweed qui envahit les villages à dos de chameaux et de chevaux.
HRW a demandé vendredi, à la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation dans le Darfour, d'intervenir pour aider à stopper le massacre et à rechercher des preuves sur les crimes contre l'humanité.
Pour sa part, un haut responsable des Nations Unies pour les droits de l'homme, a accusé vendredi le Soudan, d'avoir crée, armé et soutenu les milices arabes.
Il a en outre accusé les forces gouvernementales soudanaises et les milices Janjaweed de se livrer à "un règne de la terreur" qui "pourrait constituer des crimes de guerre et/ou des crimes contre l'humanité".
"Il existe des cas inquiétants de violations massives des droits de l'homme dans le Darfour perpétrés par le gouvernement du Soudan et sa milice par procuration" a dénoncé Bertrand G.
Ramcharan, le haut commissaire intérimaire des Nations Unies pour les droits de l'homme dans son rapport de 16 pages sur le conflit dans le Darfour.
L'ambassadeur soudanais auprès des Nations Unies, Elfatih Erwa Mohammed Ahmed, a pour sa part catégoriquement nié le fait que le gouvernement de Khartoum avait armé les milices, insistant sur le fait que les tueries de civils étaient accidentelles à cause de la guerre civile qui a éclaté dans le Darfour au début de l'année dernière.
"Nous ne ciblons pas les civils, mais comme je l'ai dit tantôt, c'est la guerre.
Une bombe ne fait pas de différence entre un civil ou un militaire.
Dans certains Etats modernes, ils l'appellent dommages collatéraux" a déclaré vendredi, la télévision gouvernementale soudanaises qui cite Mohammed Ahmed.
Les Nations Unies estiment qu'au moins 10000 personnes sont mortes depuis l'avènement de la guerre civile dans le Darfour en février 2003.
Un million de personnes ont été obligées de fuir leurs villages, tandis que plus de 1000000 autres ont franchi la frontière pour chercher refuge au Tchad.

08 mai 2004 12:31:00




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