Le Soudan refuse d'être aux ordres de la CPI

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Un émissaire soudanais, Akuei Malwal, a soutenu à Addis-Abeba, en marge du 12ème sommet de l'Union africaine (UA), que son gouvernement ratifierait et appliquerait toutes les résolutions des Nations unies et de l'UA pour mettre fin à la crise au Darfour (Ouest du Soudan), mais qu'il ferait obstacle à toutes les tentatives de la Cour pénale internationale (CPI) pour arrêter le président Omar el-Béchir.
En s'exprimant en marge du 12ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA dans la capitale éthiopienne, M.
Malwal a déclaré que Khartoum va coopérer avec le Panel des personnalités éminentes de l'UA, présidé par l'ex-chef de l'Etat sud-africain, Thabo Mbeki, quand il entamera sa médiation sur la crise du Darfour.
Ce panel doit commencer son travail en avril.
"Nous ferons tout pour rétablir la paix au Darfour, mais nous n'allons pas prendre des instructions auprès de la CPI.
Nous n'allons pas répondre à ce tribunal", a déclaré M.
Malwal, en réfutant les informations selon lesquelles son gouvernement pressait l'UA d'intercéder auprès de la CPI concernant le mandat d'arrêt délivré par cette juridiction contre le président el-Béchir, qui participe au sommet.
"La demande de suspension des poursuites n'est pas une initiative du Soudan.
C'est l'UA qui souhaite que la CPI suspende ce mandat d'arrêt pour permettre le rétablissement de la paix au Soudan", a-t-il indiqué.
M.
Malwal, qui est l'ambassadeur du Soudan près l'UA, a déclaré que Khartoum prenait des mesures pour renforcer les pouvoirs de la mission conjointe de l'ONU et de l'UA au Darfour (MINUAD), afin qu'elle joue un rôle plus actif dans la fin du conflit, qui a éclaté en 2003.
Il a indiqué que le gouvernement de Khartoum attendait les résolutions de l'UA pour commencer à appliquer les résolutions précédentes qui ont à un moment entraîné un refroidissement des relations de M.
el-Béchir avec la communauté internationale, particulièrement l'Occident.
Les relations tendues entre l'Occident et le régime de Khartoum ont précipité la fermeture des voies d'approvisionnement en aide humanitaire de millions d'habitants du Darfour qui ont besoin d'être secourus.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que deux millions de personnes dans la région sont confrontées à des pénuries alimentaires graves.
M.
Malwal a déclaré que la paix au Darfour était une condition préalable à l'application couronnée de succès de l'accord de paix global passé entre le Nord et le Sud-Soudan.
Cet accord va passer un cap décisif en 2011 quand le Sud-Soudan va organiser un référendum sur son autonomie.

01 février 2009 18:23:00




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