Le SIDA menace la sécurité alimentaire en Afrique

Dakar- Sénégal (PANA) -- James T.
Morris, le directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU (PAM), a déclaré que le VIH/SIDA a ébranlé la sécurité alimentaire de l'Afrique.
"Dans plusieurs communautés pauvres, la première chose que les victimes du SIDA demandent n'est pas de l'argent ou des médicaments, mais de la nourriture pour leurs familles et leurs enfants affamés", a indiqué un communiqué du PAM citant M.
Morris à Washington DC.
"Pour les victimes du SIDA qui ont suffisamment de chance de bénéficier d'un traitement médical, la nutrition est essentielle.
Pour les séropositifs, une bonne alimentation est essentielle pour se préserver des infections opportunistes et rester productifs aussi longtemps que possible", a déclaré M.
Morris, qui a révélé que plus de 11 millions d'enfants avaient été infectés par le VIH en Afrique subsaharienne.
Le continent compte 70 pour cent des 40 millions d'individus infectés au VIH dans le monde.
Cependant, M.
Morris a ajouté que "la communauté internationale a repoussé avec succès des famines potentielles pendant près de deux décennies", en citant l'exemple de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), qui a fait preuve de générosité et d'agressivité dans la lutte contre la faim.
"Les Etats-Unis qui sont le plus important donateur du PAM ont accordé 917 millions de dollars de vivres à diverses opérations du PAM à travers le monde en 2002 ; ce qui représente plus de 50 pour cent de tous les dons reçus par l'agence.
Mais M.
Morris a averti que malgré tout la communauté internationale ne faisait pas assez pour combattre la faim.
Alors que le financement du PAM a augmenté, tel n'est pas le cas pour l'aide alimentaire mondiale.
En fait, ces trois dernières années, elle a baissé d'un tiers, en passant de 15 millions à 10 millions de tonnes (en 1999-2002).
Les besoins d'une aide alimentaire d'urgence sont en hausse et l'aide alimentaire diminue.
Davantage de fonds sont essentiels", a-t-il insisté.
Le patron du PAM a ajouté que "les principaux donateurs doivent s'engager politiquement en faveur d'un système d'aide alimentaire plus opérationnel et qui ne dépende (dangereusement) pas des surplus, des appels de dernière minute ou d'un donateur unique".
Il a appelé, entre autres, "à un financement plus important et plus régulier de l'aide humanitaire".
M.
Morris qui a pris la direction de la plus grande agence humanitaire du monde l'année dernière a déclaré à la Commission des Relations Extérieures du Sénat américain que la faim était enracinée dans la politique.
"Il n'y a véritablement pas d'autres obstacles à l'éradication prochaine de la faim que le manque de volonté politique.
Il y a plus qu'assez de nourriture à travers le monde.
"Les gens ont faim parce les gouvernements ont fait les mauvais choix politiques", a-t-il accusé.
Durant son voyage de quatre jours à Washington DC, M.
Morris va s'adresser à la Commission des Relations Internationales de la Chambre des représentants, où il va rappeler que plus de 800 millions d'individus souffrent d'une faim chronique dans le monde, indique le communiqué.
Près de 80 pour cent des opérations actuelles du PAM sont suscitées par des opérations d'urgence.
M.
Morris a cité les conditions météorologiques comme la cause principale des crises alimentaires, en soulignant que l'étendue des activités du PAM a augmenté conformément à ces phénomènes météorologiques anormaux.
Dans le contexte d'une tendance alarmante à la baisse de l'aide publique au développement pour l'agriculture -qui est passée de 14 milliards de dollars en 1988 à tout juste 8 millions de dollars en 1999-, le PAM a déclaré que "tout espoir de sécurité alimentaire pour les générations futures dépendait de nouveaux investissements massifs de la part des gouvernements".

26 février 2003 18:39:00




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