Le SIDA, un frein au développement des pays de la SADC

Lusaka- Zambie (PANA) -- Le SIDA fera environ 6,3 millions de décès entre 1995 et 2005 dans la région de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), révèle le Rapport régional 2000 sur le développement dans cette région.
Le document précise également que la pandémie tuera d'ici à 2015 plus de 10 millions de personnes en Afrique subsaharienne où l'espérance de vie devrait connaître une chute considérable, freinant le développement du continent.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la Zambie aurait déjà baissé de 9% en 2000, conséquence directe de la pandémie du SIDA.
En 1995, le nombre de victimes du SIDA en Zambie s'élevait à 200.
000.
Il a ensuite été enregistré une très forte augmentation des cas qui sont passés à 1,02 million, sur lesquels 950.
000 étaient des adultes et 70.
000 des enfants.
Le rapport indique qu'entre 1990 et 1998, l'espérance de vie des populations zimbabwéennes a chuté de 12,66 ans, alors que ce recul était de 10,55 ans au Botswana, de 8,73 ans en Afrique du Sud et de 8,65 ans en Zambie.
En 1999, c'est le Botswana qui avait le taux de prévalence le plus élevé au sein de la population adulte (36,1%).
Il était suivi du Zimbabwe (24,3%), du Lesotho (24,1%), de la Zambie (20,1%), de la Tanzanie avec 8% "seulement".
Malgré la guerre en République démocratique du Congo, le taux de prévalence enregistré dans ce pays est faible (5,1%), alors que pour l'Angola, il est de 2,8% contre 0,1% à Maurice qui a le taux le plus bas de toute la région de la SADC.
Selon le rapport, la faiblesse du taux de prévalence à Maurice serait due à l'isolement de cet Etat de l'Océan indien et à l'efficacité de son système de santé.
Pour l'Angola et la RD Congo, les taux de prévalence peu élevés s'expliqueraient par l'incapacité des autorités sanitaires de ces deux pays à collecter des informations fiables, compte tenu des guerres civiles qui se déroulent sur leurs territoires respectifs.
Le rapport identifie comme autre indicateur utile de l'ampleur du problème que pose le fléau du SIDA, le pourcentage de femmes séropositives parmi celles qui se présentent pour des visites prénatales.
Le Zimbabwe est le pays qui a le plus grand pourcentage de femmes enceintes infectées, suivi du Botswana, de la Zambie et du Malawi.
D'autres pays ont aussi des taux relativement importants.
Il s'agit du Mozambique, de la Namibie, de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie et du Lesotho.
De récentes informations sur la prévalence du SIDA en Afrique montrent que les pays de l'Afrique australe sont les pays les plus touchés parmi ceux de l'Afrique subsaharienne, ajoute le rapport.
Le Botswana, le Lesotho, le Swaziland et le Zimbabwe font partie des pays concernés où on constate que 24 à 36% des individus appartenant à la tranche d'âge entre 15 et 49 ans vivent avec le SIDA.
Selon les conclusions du rapport, la situation dans la région a tendance à s'aggraver, surtout au Zimbabwe où 700 personnes meurent chaque semaine du SIDA et où aussi environ 200.
000 personnes seraient mortes de cette maladie depuis 1985.
En Afrique du Sud, 500.
000 personnes sont mortes de la maladie depuis son émergence et on devrait s'attendre à atteindre les 10 millions de morts d'ici à 2015.
Les estimations actuelles laissent à penser que l'espérance de vie des enfants nés maintenant devrait être inférieure de 12 ans à celle de ceux qui sont nés dans les années 60 ou 70.

13 septembre 2001 12:56:00




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