Le Secrétaire général de l'OIF souhaite faire de l’économie un pilier de la Francophonie

Paris, France (PANA) – Le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, a estimé jeudi à Paris que sans l’économie il manquait un pilier essentiel dans l’espace francophone.

«La Francophonie défend certes la solidarité et l’équité, mais elle ne peut faire abstraction des réalités du marché et des avantages comparatifs », a-t-il expliqué lors d’un entretien accordé à la PANA à la veille du XIVème sommet de la Francophonie prévu du 12 au 14 septembre à Kinshasa, la capitale de la RD Congo.

L’ancien chef de l’Etat sénégalais a appelé les Etats membres de son organisation à s’approprier les recommandations de la seconde rencontre internationale de la Francophonie économique (RIFE) organisée en juillet dernier à Québec, au Canada.

«La contribution des deux RIFE aux réflexions des chefs d’Etat est essentielle en ce qu’elle montre que, sans l’économie, il manque un pilier à la Francophonie. Chaque Etat va ensuite voir comment se servir des recommandations au bénéfice de son économie et consolider ainsi l’espace économique francophone»,  a-t-il dit.

Il a par ailleurs reconnu le décalage des dynamiques entre les volets politique et économique de la Francophonie.

«La Francophonie économique est fondée sur la réalité des situations propres à chaque pays : la taille, la population, les ressources naturelles, les capacités. Elle est liée aux choix qui ont été faits en faveur d’une économie ouverte ou d’économie dirigées», a  soutenu M. Diouf.

Pour lui, il est clair que la Francophonie économique subit l’influence d’espaces économique régionaux et des de dynamiques liées à la mondialisation.

«Elle est donc nécessairement moins unifiée et lisible que la Francophonie politique fondée sur la promotion et le partage des valeurs, sur la paix, la démocratie et les droits de l’Homme», a estimé l’ancien chef de l’Etat sénégalais.

Selon une étude publiée récemment, les échanges commerciaux entre les 75 Etats et gouvernements membres et observateurs de l’OIF se sont élevés en 2011 à près de 688,4 milliards de dollars américains.

Intitulé "De l’importance de la Francophonie économique", l’étude soutient que l’espace francophone est un vaste marché de plus de 890 millions de consommateurs soit 12,6 pour cent de la population mondiale et environ 13 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

"L’espace francophone représente 18,9 pc des exportations et 19 pc des importations mondiales. Les investissements réalisés par les pays membres de la Francophonie dépassent 170 milliards de dollars américains. Les pays francophones occupent 21,19 pc des terres habitables et détiennent un peu plus de 22 pc des réserves d’eau renouvelables mondiales", indique cette étude.

La dimension économique de la Francophonie sera un des points de discussions entre chefs d’Etat et de gouvernement lors du XIVème sommet de l’OIF, le premier à se tenir en Afrique centrale.

Les échanges entre les pays membres de l’OIF porteront également sur l’état de la langue française et sur les situations de crises dans l’espace francophone, notamment en RD Congo, au Mali, en Guinée, à Madagascar et en Côte d’Ivoire.
-0- PANA SEI/AAS/IBA 04oct2012

04 octobre 2012 16:37:52




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