Le Premier ministre somalien optimiste pour l'avenir

Nairobi- Kenya (PANA) -- Le Premier ministre du gouvernement de transition en Somalie (TGS), Ali Khalif Galayhd, estime que l'avenir de son pays semble radieux en raison des informations faisant état des tentatives de réconciliation entre certaines factions de l'opposition.
Pendant que les factions continuent de se battre au sud du pays jusqu'à bloquer le port de Mogadiscio, le poumon de la Somalie, le TGS, sous la diection intérimaire de Galayhd, semble gagner de plus en plus de soutien.
Le 21 mai, son ministre de la Défense, Abdullahi Boqor Muse, avait formé un comité de mobilisation pour la défense afin de sensibiliser la population sur les questions de sécurité.
Le comité devait également s'occuper de la défense de l'intégrité territoriale de la Somalie, de même qu'il devait mettre sur pied les forces armées nationales et solliciter des ressources financières.
Les choses ont ainsi évolué au lendemain du lancement d'un programme de formation de 1.
000 nouvelles recrues dans les forces de police d'autant que le TGS s'efforce de peser de son autorité sur le pays.
Le TGS a jusque-là fonctionné sans force de police ou armée depuis sa mise en place il y a sept mois, ce qui le rendait très fragile et vulnérable aux attaques des régions hostiles.
Le comité de mobilisation pour la défense, indique M.
Muse, est composé de personnes du milieu des affaires et de certains membres du TGS.
"Si nous ne mettons pas en place une force en mesure de garantir la défense du pays, nous mettrons alors en péril notre souveraineté", a-t-il déclaré lors du lancement du comité le 21 mai.
Il a ajouté que "le défi est maintenant devant nous, d'autant plus que les forces de défense constituent la base de tout état".
Mais le TGS ne dispose pas de moyens pour maintenir une armée, ni même une jeune force de police pour garantir l'ordre et la loi dans la République.
Ainsi, M.
Muse s'est retourné vers la communauté des opérateurs économiques pour les inviter à prendre en charge les forces de défense dans l'intêret de la nation.
"Tous ceux qui servent dans le TGS le font à titre bénévole, juste pour aider à reconstruire le pays", a-t-il dit avant d'expliquer que "comme vous le savez tous, le gouvernement n'a pas encore commencé à prélever des taxes sur la population et en plus, il est du devoir de tous de défendre la nation".
Le soutien et la bonne volonté manifestés à l'égard du TGS lui ont aussi valu des ennemis, notamment les chefs de factions irréductibles dans le sud.
Depuis sa mise en place, le nouveau gouvernement s'est battu pour exercer son contrôle sur la capitale Mogadiscio, et écarter l'opposition en démobilisant des milliers de milices armées avant de faire face à l'inflation rampante.
Bien qu'au début de sa mise en place le TGS avait suscité beaucoup d'enthousiasme à Mogadiscio, il a cependant toujours fait face à l'hostilité des chefs de factions basés à Mogadiscio, à l'image du nouveau Comité de Restauration et de Réconciliation en Somalie (SRRC) basé dans le sud du pays, l'Etat auto-proclamé indépendant du Somaliland (nord-ouest de la Somalie), la région autonome auto-proclamée du Puntland.
Les chefs de l'opposition rejettent les pourparlers de paix inter-somaliens tenus à Arta, à Djibouti, et qui ont conduit à la mise en place du gouvernement national de transition en août 2000.
Ils le trouvent "illégal" et "pas représentatif" malgré sa reconnaissance sur le plan international.
Le 23 mai à Mogadiscio, le chef de faction, Husayn Muhammad Aydid, qui est également un des dirigeants du SRRC, a félicité sur Radio Banaadir, captée à Mogadiscio, le président kenyan Daniel Arap Moï pour avoir invité les chefs de factions à Nairobi à des pourparlers de paix.
"Le président Moï a beaucoup fait pour le peuple somalien.
Il a invité les dirigeants du SSRC et les autres responsables de l'administration au niveau régional pour qu'ils se concertent en vue de la mise en place d'un gouvernement de vaste rassemblement en Somalie", a reconnu M.
Aydid.
Le SRRC était à Nairobi du 24 au 28 mai où les participants ont débattu des initiatives de paix à mettre en oeuvre en Somalie afin de parvenir à une solution durable à la fragmentation du pays.
M.
Aydid, qui a nié l'acquisition par sa faction d'armes en provenance de l'Ethiopie, a condamné l'Egypte, l'Arabie Saoudite et la Lybie d'avoir financé le gouvernement de transition en Somalie.
En dépi de tout cela, le Premier ministre de la transition, M.
Galayhd, pense que la lumière est au bout du tunnel, "parce que la majorité de la population, notamment au nord-est, est acquise à la cause du TGS".
Cependant, il reconnaît quelques problèmes, à sa savoir que le TGS n'a toujours pas pu engager dans la reconstruction ceux qui sont en dehors du processus d'Arta.

04 juin 2001 15:07:00




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