Le Premier ministre du Kenya estime que Gbagbo a creusé sa propre tombe

Nairobi, Kenya (PANA) – L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, avait décliné une offre de poste d'enseignant dans une université américaine ou de reddition pacifique en échange d'une amnistie de toute poursuite pénale pour sauver la Côte d’Ivoire, a révélé un ancien médiateur de l'Union africain (UA) et Premier ministre du kenya, Raila Odinga.

Il a déclaré mardi que la défaite de M. Gbagbo était prévisible depuis des mois, même s'il a essayé de s'accrocher au pouvoir contre la volonté de la communauté internationale, dont les Nations unies.

“Je l'ai senti venir. M. Gbagbo se préparait à une guerre dont j'étais certain qu'il ne serait pas victorieux et je le lui ai fait savoir. Ses troupes étaient très démoralisées”, a déclaré M. Odinga à New York.

L'UA avait écarté l'usage de la force, précisant que la négociation pacifique était le meilleur moyen pour résoudre cette crise.

“Je lui ai indiqué qu'il pouvait céder le pouvoir et rester dans le pays où il pouvait rester actif sur le plan politique, s'il le désirait sans courir le risque d'être traîné en justice”, ont cité les services  d'Odinga reprenant ses propos dans une interview accordée au New York Times.

Soulignant que l'ancien président ivoirien a été trompé par un “faux sentiment de sécurité” que lui ont fait miroiter des leaders africains, M. Odinga a révélé que M. Gbagbo avait également décliné l'offre d'exil en Amérique où il était assuré de bénéficier d'un poste d'enseignant à l'université de Boston.

“Je lui ai également suggéré d'aller en exil et de devenir enseignant à l'université de Boston. L'Amérique m'avait accordé cette possibilité. Tout cela est maintenant tombé à l'eau”, a affirmé M. Odinga.

Les forces loyales au président élu, Alassane Ouattara, soutenues par les forces françaises et celles des Nations unies ont capturé lundi M. Gbagbo, sa femme, Simone, et des membres de son entourage.

M. Odinga a déclaré que M. Gbagbo avait ignoré les «offres lucratives» des Etats-Unis comme de l'Union européenne, mais avait souligné que sa fin était prévisible avec les sanctions internationales.

“Depuis que son représentant a été relevé de la Banque régionale (la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest), j'ai su que M. Gbagbo ne pourrait même pas payer aux soldats les maigres salaires qu'il leur donnait”, a révélé M. Odinga.

Il a exhorté M. Ouattara à accorder la priorité à l'unité de la Côte d’Ivoire puisqu'il envisage  la reconstruction de l'économie du pays et de son tissu politique.

“M. Ouattara a tout ce qu'il faut pour unifier la Côte d'Ivoire", a-t-il déclaré, ajoutant que les priorités essentielles demeurent la reprise de l'exportation du cacao et l'engagement pour la  réconciliation.

Selon M. Odinga, la chute de M. Gbagbo s'explique en partie par l'interdiction qui a frappé les exportations de cacao et la décision des principaux clients du pays de se tourner vers d'autres produits.

“Les choses se sont aggravées pour lui (Gbagbo) lorsque les importateurs ont réduit de 40 pour cent leurs opérations dans ce pays”, a souligné M. Odinga.

Il estime que l’un des éléments clés de la réconciliation réside dans la nomination de militants de M. Gbagbo au sein du nouveau gouvernement.

D'après M. Odinga, le président Ouattara avait accepté d'octroyer 30 pour cent des postes de son gouvernement à des proches de M. Gbagbo.

-0- PANA AO/BOS/ASA/SOC/13avril2011

13 Abril 2011 21:01:36




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