Bruxelles- Belgique (PANA) -- Le Parlement européen a adopté jeudi à Bruxelles par 319 voix pour, 9 contre et 161 abstentions le rapport sur les Mutilations génitales féminines (MGF) en Afrique et en Europe, a-t-on appris de sources proches de l'institution.
Le rapport demande l'adoption par l'Union européenne (UE) d'un budget annuel de 10 millions d'euros (environ 18.
553.
000 de dollars) consacré à la lutte contre l'excision.
En adoptant ce rapport, le Parlement européen demande l'inclusion dans les programmes de coopération avec les pays où se pratiquent les MGF des projets de lutte contre ces pratiques.
Les pays africains où se pratiquent les MGF sont membres du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifiques (ACP) lié à l'UE par l'Accord de Cotonou dont les dispositions mentionnent de explicitement la prévention contre les mutilations sexuelles féminines.
Le rapport souligne qu'il n'existe "aucune raison" fondée sur la tradition, la religion ou d'autres facteurs justifiant la pratique de l'excision, indiquant que "la majorité des mutilations sont subies par des femmes musulmanes alors qu'il n'existe dans le Coran aucun précepte justifiant cette pratique".
Le document demande aux Etats membres de l'UE la mise en place d'une législation spécifique permettant l'octroi du statut de réfugiée politique aux femmes menacées d'être excisées dans leur pays d'origine.
Selon le rapport, "aucun recours ou concept d'exception ou de diversité culturelle ne peut justifier la relativisation ou l'assouplissement du droit fondamental à la protection juridique".
Il fait observer qu'il existe des cas dans lesquels des jeunes filles, après s'être vues refuser le droit d'asile, ont été renvoyées dans leurs pays où elles risquent réellement de subir des mutilations.
Mme Chantal Compaoré, épouse du président du Burkina Faso, qui a assisté au vote, a exprimé à la PANA à Bruxelles sa satisfaction après l'adoption du rapport par le Parlement européen, et demandé à l'UE des fonds pour mener la lutte pour l'éradication des pratiques de l'excision en Afrique.
Ces fonds, a-t-elle précisé, ne doivent pas être gérés par les gouvernements mais par les ONG, notamment le Comité interafricain de lutte contre les MGF.