Le PAM suggère la combinaison ARV/Nutrition

Dakar- Sénégal (PANA) -- Les pays donateurs ont déversé des milliards de dollars dans les anti-rétroviraux et autres médicaments afin de réduire l'impact grandissant du VIH/Sida en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, avec à peine une pensée pour la nutrition, a déploré jeudi le Programme alimentaire mondial (PAM).
"Financer des anti-rétroviraux sans penser à l'alimentation et à la nutrition, c'est comme qui dépenserait une fortune pour réparer un véhicule sans prévoir de l'argent pour acheter du carburant", a indiqué l'agence onusienne dans un communiqué publié jeudi et dont la PANA a obtenu copie à Dakar.
Lors de la conférence internationale sur le VIH/Sida tenue à Toronto, le PAM a appelé mercredi tous les acteurs dans la lutte contre le Sida à faire de l'appui alimentaire et nutritionnel un volet particulier de l'aide essentielle destinée aux personnes affectées par le VIH.
"Il est temps de fournir plus que des médicaments.
Il est temps de mettre en œuvre des programmes réalistes et complets, qui prennent en compte les besoins alimentaires et nutritionnels de base des personnes vivant avec le VIH/Sida et de leurs familles", a indiqué M.
Robin Jackson, chef du service VIH/Sida du PAM.
Selon une étude menée par HIV Medicine et parue récemment, les malades qui commencent une nouvelle thérapie basée sur les anti- rétroviraux alors qu'ils sont mal nourris ont six fois plus de risques de mourir que les patients bien nourris.
Selon cette même étude, la raison peut résider dans le fait que la malnutrition réduit la capacité d'absorption de cette puissante thérapie composée de trois médicaments anti-rétroviraux tout en les rendant incapables de bénéficier de ce traitement qui est d'une importance vitale.
Les personnes souffrant de malnutrition ont également du mal à supporter les effets secondaires démoralisants de cette thérapie, ce qui peut retarder le délai nécessaire pour permettre à leur corps de recouvrer son immunité face à l'infection.
Les personnes vivant avec le VIH/Sida et qui en sont affectées citent souvent l'alimentation comme étant leur problème N°1 et le plus urgent.
Et pourtant, on a omis d'inclure l'alimentation dans le traitement, la prise en charge et l'appui standards liés au problème du VIH/Sida.
Les interventions en matière de nutrition dans le cadre des programmes liés au VIH/Sida sont souvent mal considérées dans le débat en cours au niveau international sur la politique en matière de VIH, et elles sont très faiblement financées.
Le PAM estime que près d'un million sur les 6,4 millions de personnes qui seront concernées par les programmes anti- rétroviraux prévus en 2008 auront besoin d'un certain appui sur le plan nutritionnel.
Le coût de l'assistance qui leur sera fournie n'est que de 0,73 dollars canadiens par patient et par jour, y compris tous les frais de transport et du programme.
Pour les patients du VIH/Sida, les rations ne sont nécessaires que pour une période de six mois, le temps qu'ils retrouvent leurs jambes.

17 août 2006 20:33:00




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