Le PAM met en garde contre la montée des crises alimentaires

Nairobi- Kenya (PANA) -- Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait part mardi de son incapacité à réagir de façon globale aux crises alimentaires qui s'aggravent de plus en plus alors que la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l'alimentation.
Ces crises s'aggravent malgré la générosité des pays donateurs et les énormes sacrifices des agents chargés de la distribution de l'aide humanitaire, indique le PAM.
"Ce nouveau phénomène dérangeant n'est pas simplement dû au manque de fonds, bien que le financement des urgences humanitaires ne soit jamais aisé à obtenir", a fait observer le directeur exécutif du PAM, M.
James T.
Morris.
"Le principal défi vient d'un accroissement des nouveaux besoins créés principalement par les catastrophes liées aux conditions météorologiques ou le VIH/SIDA".
Au cours des années 90, en moyenne 211 millions d'individus ont été touchés par des catastrophes naturelles, ce qui fait sept fois le nombre de personnes tuées dans les conflits ou ayant subi leurs influences négatives, selon la Fédération Internationale de la Croix Rouge (FICR).
Les conditions météorologiques extrêmes jouent un rôle plus important dans les crises actuelles.
D'après une étude récente effectuée par le PAM, en Afrique australe, la sécheresse est la cause principale de la famine, qui menace désormais environ 14,4 millions d'individus.
Dans le même temps, la menace d'une autre sécheresse grave plane sur la Corne de l'Afrique où entre 10 et 14 millions de personnes sont menacées, confrontant ainsi la communauté internationale à un nouveau et énorme défi.
L'agence onusienne a par ailleurs indiqué que les troubles civils en Côte d'Ivoire pourraient affecter jusqu'à 4 millions d'individus à moins qu'une solution pacifique ne soit trouvée.
En Mauritanie, la sécheresse pose déjà de sérieux problèmes et s'étend à cinq pays voisins, touchant ainsi 1,5 million d'individus.
En Afghanistan, la sécheresse et les conflits sèment la désolation parmi presque 10 millions de personnes et en Corée du Nord, l'opération du PAM pour toucher 6,4 millions de personnes est sous-financée, ce qui entraîne une réduction des rations pour les trois de millions de femmes, enfants et personnes âgées affamés.
"Les besoins d'à peu près 50 millions d'individus ne peuvent pas être ignorés, ni ceux de 300 millions d'enfants affamés qui vont à l'école sans avoir un repas ou qui ne sont pas scolarisés du tout", a indiqué M.
Morris.
"Les images de la télévision ont permis d'introduire dans nos foyers les "problèmes lointains", et tout comme les immigrés clandestins qui sont obligés de fuire les souffrances dans leurs propres pays, ils pénètrent dans nos vies".
M.
Morris a souligné que le système international et les agences comme le PAM ainsi que de centaines d'ONG très efficaces ont de plus en plus de difficultés à faire face aux crises mondiales.
Le PAM, qui dépend des contributions, est pris entre les besoins croissants exprimés par des millions d'individus et les budgets des gouvernements qui doivent faire face à la récession économique mondiale.
"Si nous voulons éviter de grimacer en regardant nos postes de télévision, nous devons trouver de nouveaux mécanismes pour réagir", a encore dit le directeur exécutif du PAM.

15 octobre 2002 16:32:00




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