Le PAM dénonce l'interdiction des vols humanitaires au Soudan

        Nairobi- Kenya (PANA) -- Le Programme alimentaire mondial (PAM) a sévèrement condamné la décision des autorités de Khartoum d'interdire l'accès des vols humanitaires du PAM à 43 localités du Sud Soudan, affirmant que cette décision allait priver quelque 1,7 million de personnes d'assistance humanitaire.
         Dans un communiqué publié à Nairobi, le PAM a indiqué que les localités concernées par les interdictions de vols humanitaires étaient cruciales pour atteindre certaines "des populations les plus vulnérables fréquemment déplacées par l'insécurité".
         Cependant, la décision a eu de graves répercussions sur l'ensemble de la population du haut Nil, du nord du Bahr el Ghazal et de la région des Lacs, indique le communiqué.
         Dans le cadre de l'accord définissant l'Opération Lifeline Sudan (OLS), les demandes de permissions de vols doivent être soumises tous les mois, au gouvernement soudanais et à la branche armée du SPLM (Mouvement de libération du peuple soudanais).
         En moyenne, les autorités soudanaises ont interdit de survol 25 localités.
Toutefois, c'est le deuxième mois consécutif que le gouvernement double le nombre des localités interdites de survol.
         "Ces interdictions risquent d'avoir un impact dévastateur sur des populations entières" a expliqué Mme Judith Lewis, directrice régionale du PAM pour l'Afrique orientale et australe.
         "Des populations complètement démoralisées vont être virtuellement coupées de toute assistance humanitaire, incluant l'eau et les soins de santé".
         La majorité des 43 localités concernées se situent dans des zones où les populations sont extrêmement vulnérables à cause de l'insécurité et de la sécheresse.
         Ces personnes dépendent entièrement de l'assistance humanitaire et cette décision va jeter encore des milliers de personnes sur les routes, a déploré le communiqué.
         "La plupart des agences se démènent déjà pour recueillir les fonds nécessaires au maintien de leurs activités humanitaires au Sud Soudan," a souligné Mme Lewis, soutenant que "les ressources allouées à des systèmes alternatifs seraient mieux dépensées dans des programmes humanitaires.
"             "Ceci (interdiction) viole les principes humanitaires et l'accord tripartite auquel a souscrit le gouvernement soudanais" s'est indigné Mme Lewis.
         "Nos protestations font suites à de vaines tentatives depuis le début de la semaine, de négocier avec le gouvernement soudanais la levée de cette décision" interdisant à compter du 1er avril tout survol de ces 43 localités, a-t-elle expliqué.
        Les autorités de Khartoum demandent également à tous les vols du PAM pénétrant dans l'espace aérien soudanais, de communiquer systématiquement avec la tour de contrôle de Juba, une obligation virtuellement impossible à respecter selon le PAM.
         Les avions pénètrent dans l'espace aérien soudanais à près de 150 miles nautiques de Juba, trop loin pour être en mesure d'établir un contact radio avec Juba, continue-t-il.
         En dehors des interdictions de survol, le gouvernement soudanais a aussi imposé des tracasseries administratives aux opérations en exigeant les cartes et les coordonnées des localités auxquelles sont destinées les secours, a affirmé l'agence onusienne.

13 avril 2002 09:59:00




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