Le PAM à la recherche d'une aide d'urgence pour le Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à la communauté internationale pour un fonds de 98 millions de dollars destiné à nourrir les 1,2 millions de victimes du conflit du Darfour (ouest du Soudan).
"La nécessité d'une aide alimentaire d'urgence au Darfour est pressante", a déclaré le directeur exécutif du PAM, James Morris, à qui le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a demandé de conduire une mission inter-agences la semaine prochaine pour évaluer les besoins humanitaires au Darfour.
"Ce conflit a chassé des centaines de milliers de personnes de leurs fermes et de leurs maisons et les a laissés dans le dénuement le plus complet.
Une aide alimentaire est essentielle pour sauver des vies", a fait remarquer M.
Morris.
Les attaques au Darfour ont commencé en février 2003, se sont intensifiées durant la saison des semis et des récoltes et se poursuivent jusqu'à maintenant.
Les victimes des combats, selon les agences humanitaires présentes dans cette région, vivent dans la misère, sous des arbres ou dans des cases surpeuplées sans pratiquement aucune infrastructure sanitaire ni assainissement.
Pour échapper à la menace récurrente des malfaiteurs, beaucoup de gens se déplacent constamment.
Le PAM s'est félicité du cessez-le-feu humanitaire décrété le 08 avril pour cette région et fait des projets pour renforcer ses capacités sur le terrain en vue de venir en aide aux personnes dans le besoin, a indiqué l'agence.
Depuis le mois de janvier, le PAM n'a pu nourrir qu'un demi- million de personnes en raison de l'insécurité qui prévaut au Darfour.
"Nous espérons pouvoir toucher les personnes qui sont isolées depuis des mois", a laissé entendre Bradley Guerrant, le directeur national adjoint du PAM pour le Soudan.
"Le moment choisi pour l'application du cessez-le-feu est particulièrement important alors que la saison des pluies qui approche va gêner l'accès aux populations par la route, par conséquent nous devons agir rapidement, autrement il sera trop tard pour prévenir la faim et la maladie".
L'appel lancé pour nourrir 1,2 million de personnes, a expliqué le PAM, vise les besoins d'urgence identifiés au Darfour jusqu'à la fin du mois de décembre quand les semis du mois de mai seront récoltés.
Parmi les personnes visées par cette aide alimentaire, il y a 665.
000 déplacés à l'intérieur du Darfour ainsi que 453.
000 autres personnes affectées par le conflit.
Plus de 10.
000 personnes ont fui du Darfour au Tchad où le PAM approvisionne en nourriture les camps de réfugiés.
Soixante à soixante cinq pour cent de l'aide du PAM va aux femmes parce qu'elles représentent 80 pour cent de la production agricole.
Les femmes sont aussi les principales victimes des violences.
Alors que les villages ont été complètement brûlés et que le bétail et les autres biens ont été pillés, ce sont les femmes qui ont été violées ou rendues veuves et elles forment désormais la majorité des personnes traumatisées et déplacées.
En tout, 91 pour cent de l'aide alimentaire sera distribuée à ceux qui ont été chassés de leurs villages avant d'avoir ensemencé leurs champs ou d'avoir pu récolter.
Le reste sera distribué dans les écoles (où les taux de scolarisation font partie des plus bas d'Afrique), dans les hôpitaux et les centres de santé et pour soutenir les projets agricoles qui ont pour objectif d'aider les récipiendaires à redevenir auto-suffisants.
Selon des experts agricoles, le Darfour aurait dû bénéficier d'une récolte exceptionnelle en 2003 s'il n'y avait pas eu de combats.
Mais la récolte a été perdue à cause du conflit.
Des centaines de milliers de personnes sont confrontées au spectre de la faim et de la mort.
La plupart ont fui sans rien emporter et n'ont que peu ou rien à manger.
Avec des centaines de milliers de personnes qui se trouveront dans les camps pour déplacés internes au moment de la préparation des champs pour l'hivernage, les perspectives de récolte pour l'année 2004 sont très sombres, a averti le PAM dans un communiqué.
"Il n'est pas trop tard pour éviter une catastrophe au Darfour, mais seulement si les parties concernées et la communauté internationale agissent sans délai", a ajouté M.
Morris.

24 avril 2004 14:05:00




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