Le Nerica pourrait relancer la riziculture pluviale au Togo

Lomé- Togo (PANA) -- Le Nouveau riz pour l'Afrique (Nerica), issu du croisement du riz africain et du riz asiatique et introduit au Togo en 1998 pour expérimentation, est actuellement à l'étape de pré-vulgarisation.
Selon un document du Projet ARI (Initiative africaine sur le riz) publié en juin 2002, au Togo, d'ici cinq ans, 100.
000 paysans cultiveraient ce produit sur une superficie de 8.
000 hectares.
Le même document projette que si le Nerica est pris en compte, la production du riz va augmenter et le Togo économiserait environ 3 milliards de F CFA si on supprimait l'importation du riz.
Cependant, souligne le directeur général de l'Institut togolais des recherches agronomiques (ITRA), Comlan Atsu Agbobli, le Nerica, qui constitue un espoir pour les paysans eu égard aux débuts d'appréciation des rendements par ces paysans et les avis des consommateurs, est au stade de pré-vulgarisation.
Kossi Aboa, responsable du programme Riz au Centre de recherche agronomique en zone forestière (CRA-F) et coordinateur national du Projet ADRAO/ROCARIZ (Réseau ouest et centre africain sur le riz) est formel: les paysans de la préfecture d'Amou, une zone des Plateaux (sud du pays) non adaptée à la culture de riz, sont "surpris par le rendement du Nerica et surtout par son cycle court: 90 jours au lieu de 140".
Selon le chercheur, le nombre de paysans qui ont adopté les variétés de Nerica passe de 23 en 1998 à une centaine aujourd'hui.
M.
Aboa certifie que des paysans isolés le "vulgarisent de façon informelle" dans d'autres localités à telle enseigne qu'il y a pénurie de semences.
Actuellement, affirme M.
Aboa, ce riz n'est pas encore sur les marchés locaux en temps que tel et la plupart des paysans font de l'autoconsommation.
Mais, la publicité de bouche à oreille dans les milieux paysans fait que la semence se vend bien et une mesure coûte 500 F contre 200 F pour l'ancien riz, car ces semences sont recherchées par les paysans qui demandent des conseils pour sa production à grande échelle sur le marché.
Le succès du Nerica dans la région des Plateaux conduit à son expérimentation dans la préfecture de Bassar, au nord du Togo, où neuf villages sont sélectionnés pour sa production.
Le chercheur Aboa se plaint de l'insuffisance de moyens, surtout financiers, pour aider les paysans.
Selon lui, les paysans ont besoin d'être formés sur la culture du NERICA, de la gestion de la production et de sa commercialisation.
De "petites subventions" évaluées à 1.
350.
000 F CFA octroyés par l'ADRAO permettent d'accorder des crédits-intrants (engrais, herbicides) aux paysans.
Ces subventions, a-t-il dit, ont été octroyées en 2001, 2002 et 2003, soutenues par l'Institut de conseil et d'appui technique (ICAT) qui intervient dans la formation, la gestion des exploitations agricoles et l'appui aux producteurs.
Au Togo, bien que ce riz ne soit pas encore à une grande production, les rares consommateurs qui l'ont testé apprécient son arôme et surtout, dans le milieu paysan, on affirme qu'il "gonfle beaucoup au feu", permettant de bien "remplir le ventre" avec seulement une petite quantité.
En outre, les sources proches du milieu paysan affirment que les variétés Nerica sont faciles à cultiver car, soulignent-elles, "pour les semer, il suffit d'un sarclage léger" alors que les variétés de riz des bas-fonds ne sont pas faciles à semer et que le cycle de production est long.
Pour le conseiller technique de l'ITRA, Kodjo Tétévi, si ce projet prend de l'ampleur comme il est souhaité, on assistera à une véritable "relance de la riziculture pluviale".

30 سبتمبر 2003 17:32:00




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