Le NERICA éclipse les autres acquis du processus de la TICAD

Tokyo- Japon (PANA) -- Une variété de riz hautement résistante, mise au point dans le cadre d'une coopération entre des instituts de recherche africains et asiatiques, a été largement saluée à Tokyo comme la réalisation la plus spectaculaire dans le cadre de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD).
"Un résultat majeur de la coopération afro-asiatique a été le développement d'un Nouveau riz pour l'Afrique (NERICA), une variété à fort rendement qui a le potentiel de résoudre l'insécurité alimentaire dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest", a reconnu le secrétaire général adjoint de l'ONU et conseiller spécial sur l'Afrique, Ibrahim Gambari, à l'occasion de la troisième TICAD qui se déroule actuellement.
A la veille de la TICAD III, un communiqué du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) concernant le NERICA a indiqué que "rien ne démontre mieux le degré de collaboration possible entre l'Asie et l'Afrique".
Le directeur de l'Unité spéciale du PNUD pour la TICAD, Ernest Nzekio, a abondé dans le même sens en déclarant que le NERICA "montre ce que les instituts de recherche africains peuvent accomplir s'ils sont soutenus par la TICAD", en invitant les autorités à envisager de reproduire cette expérience sur d'autres produits agricoles.
Comme l'a affirmé un autre responsable du PNUD, Ken Fujimura, de l'Unité spéciale de la coopération technique entre les pays en développement, le NERICA a des caractéristiques exceptionnelles qui font son énorme succès.
Cette variété a été mise au point à partir du croisement entre une espèce africaine, O.
Glaberrima, et l'O.
Sativa asiatique, qui a donné une variété hybride qui associe et même améliore les meilleures caractéristiques des deux variétés.
L'espèce africaine était plus robuste et résistante aux maladies, son rendement était faible.
L'inverse était vrai pour l'asiatique, au rendement élevé mais exposé aux maladies.
Les travaux de recherche, initiés en 1994 par l'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO), impliquaient des experts de 17 pays d'Afrique de l'Ouest, ainsi que de l'Institut international asiatique de recherche sur le riz, de l'Académie des sciences agricoles du Yunan et de l'Université de Tokyo.
Etaient aussi impliqués le Centre international pour les sciences agricoles du Japon, le Centre international d'Amérique Latine pour l'agriculture tropicale et l'Université Cornell des Etats- Unis.
Ce projet a été subventionné par le PNUD, le gouvernement japonais, la Banque mondiale, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Fondation Rockfeller.
"La teneur en protéines du NERICA est non seulement plus riche de 2%, mais son rendement est de 50% plus élevé que celui des espèces traditionnelles même sans avoir recours à l'engrais", a souligné M.
Fujimura.
"Il parvient à maturation beaucoup plus rapidement, au bout de 90 à 110 jours, comparé à 130-150 jours pour les autres variétés", a-t-il ajouté.
Cette variété hybride, adaptée aux conditions assez rudes de l'Afrique de l'Ouest, qui est le centre de ce projet de recherche, pousse même sur les sols acides et arides qui composent jusqu'à 70% des champs de riz de la sous-région.
De plus, les experts estiment que les grains plus larges du NERICA le rendent plus facile à récolter.
Des tests effectués au niveau des exploitations agricoles ont lieu depuis 1997 au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Gambie, en Guinée, au Mali, au Nigeria et au Togo, avec la perspective d'introduire ce riz miracle en Afrique centrale et bien au-delà, en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie, plus à l'Est du continent.
Les observateurs à Tokyo maintiennent que le NERICA convient bien aux besoins en matière de sécurité alimentaire de l'Afrique de l'Ouest où la demande en riz augmente à une allure sans précédent par rapport au reste du monde.
Les importations de riz dans cette région se sont multipliées par huit ces trente dernières années pour atteindre 3 millions de tonnes par an, avec des coûts annuels tournant autour d'un million de dollars américains.
Les estimations indiquent que la culture effective du NERICA va permettre à l'Afrique de l'Ouest d'épargner 88 millions de dollars par an sur les importations de riz.
Afin d'accélérer ce processus, un consortium de partenaires tels que le gouvernement japonais, le PNUD, la Banque Mondiale, la Fondation Rockfeller, l'Agence américaine pour le développement international (USAID), la FAO et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé, en mars 2002, l'Initiative africaine du riz (ARI).
L'ARI cible, pour la période allant jusqu'en 2006, d'augmenter la surface cultivée à travers l'Afrique de l'Ouest à 210.
000 ha, de mobiliser 120.
000 agriculteurs dans le cadre d'un processus participatif de sélection des semences, de faire connaître le NERICA à environ 1,7 million d'agriculteurs et d'accroître la production locale de riz de 744.
000 tonnes.

30 سبتمبر 2003 16:00:00




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