Le Médiateur est-africain dans la crise burundaise reçu par le président Nkurunziza

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, a reçu jeudi en audience l’ancien président de la Tanzanie et Médiateur de la Communauté d’Afrique de l’Est dans la crise burundaise, Benjamin William M’Kapa, arrivé la veille à Bujumbura pour relancer le processus de paix en panne depuis des mois, a-t-on appris de source diplomatique dans la capitale burundaise.

On ignore pour le moment le contenu de l’audience qui a eu lieu à huis-clos entre le Médiateur et le président burundais dont la candidature à un troisième mandat à la tête du pays a été l’élément moteur de la crise politique burundaise.

Nommé en mars dernier, le Médiateur n’a néanmoins jamais remis en cause publiquement le troisième mandat présidentiel déjà largement entamé et qui a été légitimé dernièrement par un verdict de la Cour de justice de la Communauté d’Afrique de l’Est.

La sous-région et le reste de la communauté internationale font de plus en plus montre de réalisme politique en poussant plutôt les protagonistes de la crise burundaise dans le sens d’un gouvernement d’union nationale, chargé de préparer de nouvelles échéances électorales plus consensuelles qui sont prévues en 2020.

Le plus difficile reste néanmoins à faire et il faudra d’abord réussir à rassembler autour d’une même table de discussions, les différents protagonistes de la crise burundaise dont la méfiance et l’animosité créent une situation d’impasse totale.

Les réticences les plus fortes se trouvent du côté du pouvoir burundais qui refuse de rencontrer directement des adversaires politiques, accusés d’avoir fomenté la tentative de putsch manqué et le mouvement insurrectionnel contre le troisième mandat présidentiel, en 2015.

La place des "putschistes et des terroristes" n’est pas à une table des discussions, mais
"devant les tribunaux", répète-t-on invariablement du côté du pouvoir burundais qui a déjà émis des dizaines de mandats d’arrêt internationaux contre ses opposants politiques en exil.

"Nous sommes incontournables", répond-on du côté du Conseil national pour la défense de l’Accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix, la réconciliation et la défense de l’Etat de droit (CNARED), principal plate-forme de l’opposition.

Cette radicalisation des positions pénalise avant tout des milliers de réfugiés burundais, en attente de rentrer au bercail et l’économie nationale, au plus mauvais de sa forme depuis que les principaux partenaires techniques et financiers ont décidé de tourner le dos au pays, en attendant le retour hypothétique à la normale de la situation politique interne.
-0- PANA FB/JSG/IBA 08déc2016

08 décembre 2016 12:29:06




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