Le Japon à la rescousse de l'Afrique

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- La troisième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD III), qui se tient du 29 septembre au 1er octobre dans la capitale japonaise, est un courant pour soutenir les initiatives africaines.
Il s'agira, au cours de cette conférence, d'aider le continent africain à s'approprier son processus de développement qui doit être conforme aux priorités définies par l'Afrique elle-même, et concevoir son développement en intégrant le principe de partenariat mondial fondé sur l'égalité entre partenaires, estime la représentation diplomatique nipponne basée à Abidjan.
"Elle (la TICAD III) vise à renforcer le partenariat de la communauté internationale en faveur d'un appui sincère et durable aux pays africains.
A travers elle, le Japon souhaite proposer de nouvelles opérations pour la coopération Asie-Afrique", indiquent les organisateurs.
Selon eux, la rencontre de Tokyo ne sera pas une assemblée de donateurs venus plancher sur des montants à débourser pour sauver l'Afrique.
"Ce n'est pas non plus une réunion pour dégager des promesses de dons, mais bien pour exprimer la philosophie (japonaise) pour le développement de l'Afrique qui sera celui d'une solidarité accrue.
Ce nouveau partenariat devra, en outre, porter sur l'objectif que s'est fixé le continent de parvenir à l'autosuffisance et obtenir l'appui de ses partenaires au développement", souligne un document intitulé: "Déclaration de Tokyo sur l'organisation du TICAD III", dont la PANA a obtenu copie.
Avec ce "Plan d'action de Tokyo", le Japon entreprend un système de "main dans la main" avec ses partenaires africains.
Cette politique s'est matérialisée par la réalisation de nombreux projets dans plusieurs pays de l'Afrique, dont la Côte d'Ivoire.
Les fruits de cette coopération ivoiro-japonaise sont en cours de réalisation, tandis que d'autres, plus nombreux, ont déjà été réalisés, et concernent les domaines de l'agriculture et de la technologie.
Ainsi, des travaux révolutionnaires sont nés dans le domaine de l'agriculture avec le projet rizicole NERICA.
Il s'agit d'une nouvelle variété de riz née du croisement entre des variétés asiatiques et africaines.
Avec un rendement élevé (50 à 200%) et un cycle court (90 à 140 jours), le NERICA, le nouveau riz miracle de l'Afrique, est bien connu de la population ivoirienne dont une des villes, Bouaké (centre), abrite l'un des plus grands centres de recherche, l'ADRAO.
Cependant, c'est surtout dans le domaine de la téléphonie mobile que le partenariat avec la Côte d'Ivoire est le plus important.
Selon un mini-enquête réalisée par la PANA auprès d'une vingtaine de personnes disposant de téléphones portables, les appareils de marque asiatique sont les plus prisées.
"Ils sont d'une qualité d'écoute meilleure et sont plus durables", soulignent-elles.
Le domaine des infrastructures économiques porte également "la griffe" de la coopération asiatique.
C'est le cas du Palais de la Culture situé à Treichville, un quartier commercial d'Abidjan, et qui a abrité, du 30 août au 06 septembre dernier, le sixième festival du Marché des arts et du spectacle africain (MASA), le plus grand festival culturel africain.
L'Asie s'est également lancée dans la promotion du commerce et de l'investissement, avec l'émergence de foires commerciales et autres ateliers de promotion de ses produits en parrainant des forums d'affaires comme "Investir en Côte d'Ivoire (ICI)", l'une des manifestations de la coopération entre Abidjan et l'Asie, mais qui a disparu en même temps que le régime de Henri Konan Bédié, qui l'avait instauré.
Le nouveau régime entend désormais étendre les tentacules de sa coopération sur beaucoup de pays sans toutefois ignorer les partenaires traditionnels, appelés "partenaires privilégiés".
Et dans ce sens, déclare à la PANA un proche collaborateur du président ivoirien Laurent Gbagbo, "la destination asiatique nous intéresse au plus haut point".

28 september 2003 15:19:00




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