Le Hcr et ses partenaires prennent en charge près de 2.000 nouveaux réfugiés centrafricains

Goré, Tchad (PANA) - L’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (Hcr), son agence sœur du Programme alimentaire mondial, le Pam, ainsi que la Commission nationale d’Accueil et de Réinsertion des Réfugiés et de Rapatriés (Cnarr) et des Ong partenaires ont mobilisé leurs ressources pour venir en aide à quelques 656 familles de 1.982 nouveaux réfugiés en provenance de la Centrafrique, déjà enregistrés dans des villages frontaliers dans le Sud du Tchad.

Ces chiffres pourront augmenter car les populations continuent de fuir l’insécurité grandissante dans la sous-préfecture de Ngaoundaye (Rca) située à 9 km de la frontière avec le Tchad.

Dans ce groupe de nouveaux réfugiés, on dénombre 1.301 enfants (âgés de 0 à 17 ans) dont 119 enfants séparés et 27 enfants non accompagnés. Pour un meilleur encadrement de ces enfants, l’équipe de la protection de l’enfance (composée de personnel du Hcr et de l‘Ong/Acra) est en train de mettre en place des « zones mobiles amis d’enfants » qui serviront de cadre pour les activités récréatives et de prise en charge psycho-social. Le partenaire Cssi (Centre de support en santé internationale) procède quant à lui à la vaccination des plus petits.

C’est à partir du 12 juin 2016 que plusieurs centaines de personnes, des femmes et des enfants, dans la grande majorité, ont commencé à affluer vers des villages tchadiens après avoir fui des affrontements entre des groupes armées qui ont éclaté le 11 juin 2016 dans les villages de Bang, Bolele, Ngouboue et Ngoundaye, dans la préfecture de l’Ouham Pendé, à l’ouest de la Rca.

Selon des témoignages recueillis auprès des nouveaux réfugiés et des informations rapportées par les autorités locales, ces nouveaux combats seraient survenus suite à des attaques et des représailles entre les groupes d’auto-défense soutenus par les Anti-Balaka et les éleveurs transhumants soutenus par les ex-Seleka.

Tenant compte du fait que la frontière entre la Rca et le Tchad reste fermée, ces réfugiés ont déclaré avoir contourné le poste frontalier officiel pour éviter d’être arrêtés par les militaires tchadiens, ce qui expliquerait le très faible nombre d’hommes parmi ce groupe de réfugiés.

Aux dires de ces réfugiés, certains hommes auraient fui vers la localité de Mbaiboum au Cameroun, tandis que d’autres auraient préféré se cacher dans la brousse au lieu de venir au Tchad.

Certains de ces nouveaux réfugiés sont logés dans des familles d’accueil à Sourou et Mini, tandis que d’autres ont été installés dans des salles de classe à Mini et Mbitoye. Les villages de Sourou, Mini et Mbitoye sont situés respectivement à 2, 4 et 7 km de la frontière avec la Rca.

Les autorités tchadiennes ont exprimé leurs préoccupations face à la proximité de ces villages avec la frontière disant craindre que la violence ne se déporte vers le territoire tchadien.

Le préfet du département des Monts de Lam, M. Bokit Brahim Haggar, a expliqué qu’en restant près de la frontière et des villages dont ils sont originaires, les réfugiés voudront faire des mouvements entre les deux localités aux risques de s’exposer à des problèmes sécuritaires sachant que la frontière est fermée. Il s’est aussi inquiété des menaces que de tels mouvements pourraient engendrer pour le Tchad. D’où il avait, au départ, recommandé que ces réfugiés soient installés dans un camp à Mbaibokoum, chef-lieu de département.

Cependant, après discussions avec le gouverneur et le Hcr, le préfet a accepté que ces
nouveaux réfugiés soient installés dans des villages éloignés de la frontière, dans le département des Monts de Lam. Une décision finale sera prise avant la fin de cette semaine après une réunion entre le préfet et les autorités traditionnelles.

Cette idée est soutenue par le Hcr qui privilégie la politique d’alternative au camp [out of camp] dont le gouvernement a accepté la mise en œuvre pour faciliter l’intégration des réfugiés au sein des communautés d’accueil.

Dès l’arrivée de ces réfugiés, une équipe conjointe du Hcr et du partenaire gouvernemental, Cnarr, a été dépêchée sur place pour procéder à leur accueil et leur enregistrement afin de leur fournir la protection et l’assistance adéquate et vite prendre en charge les personnes les plus vulnérables dont les enfants surtout.

En outre, en collaboration avec le Pam et le partenaire Flm, le Hcr a envoyé, le 18 juin, une assistance constituée de vivres et de biens domestiques comprenant des couvertures, des nattes, du savon, des jerricanes et d’autres ustensiles essentiels de cuisine.

Une équipe multifonctionnelle composée du Hcr et de ses partenaires (Care, Cssi, Acra, Aplft) a, quant à elle, fait une évaluation rapide des besoins en vue de préparer d’autres formes d’assistance une fois que les réfugiés seront installés.

Le Sud et le Sud-est du Tchad abritent environ 64.000 réfugiés dont la majorité vit dans six camps de réfugiés, tandis que d’autres vivent dans des villages hôtes aux côtés des communautés autochtones, dans le cadre de la politique d’alternatives aux camps (out of camp policy).
-0- PANA PT/BEH/IBA 22juin2016

22 juin 2016 14:54:53




xhtml CSS