Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU appelle à l'unisson pour la paix mondiale

Genève, Suisse (PANA) - Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé lundi, les membres du Conseil des droits de l'homme à agir davantage, à parler plus fort et à travailler plus dur pour le but commun et pour la loi universelle des droits de l'homme, pour de meilleures chances pour une paix mondiale.

Faisant sa dernière mise à jour mondiale au Conseil lors d'une session ordinaire, M. Al Hussein a averti qu'au moment où l'attaque contre le système multilatéral et ses règles, notamment la loi internationale des droits de l'homme, s'intensifie, de même, le risque de nouveaux méfaits augmentera à une échelle plus grande.

"La voix collective de l'ONU doit donc être fondée sur des principes et forte ; pas faible et pleurnicheuse, obsédée par des querelles interminables sur le processus, les petites choses, comme c'est le cas aujourd'hui ", a-t-il déclaré.

"Comme il s'agit de ma dernière mise à jour mondiale au Conseil des droits de l'homme lors d'une session ordinaire - et avant d'aborder, une fois de plus, l'importante question de l'accès et de la coopération - je souhaite tirer quelques conclusions finales".

Il a souligné qu'au cours des dernières années, son bureau a réalisé que seule l'intrépidité était une approche adéquate de la tâche.

"Ne pas se cacher, utiliser des excuses ou recourir à des euphémismes, mais une intrépidité proche de celle démontrée par les défenseurs des droits de l'homme dans le monde - car ce n'est qu'en s'exprimant que nous pourrons commencer à combattre la menace grandissante du nationalisme chauvin qui traque notre avenir " a souligné M. Al Hussein.

La session du Conseil examinera de nombreuses questions essentielles. Parmi eux, les rapports du Bureau des droits de l'homme sur le Cachemire et sur le Venezuela. Il sera également informé des conclusions de l'équipe d'experts sur les régions du Kasaï de la République démocratique du Congo. M. Al Hussein a déclaré qu'en quittant son poste, le Bureau poursuivra ses travaux sur la base de données des entreprises engagées dans des activités spécifiques liées aux colonies israéliennes, comme demandé par le Conseil, avec une mise à jour peut-être avant septembre.

Concernant le Burundi, il a indiqué que malgré l'accord du pays de coopérer avec l'équipe d'experts mandatée par le Conseil l'année dernière, celle-ci a été expulsée du pays le mois dernier et n'a pas pu revenir.

Il a indiqué que l'accès a également été refusé à la Commission internationale d'enquête créée en 2016, et les autorités burundaises ont refusé de finaliser les discussions sur le renouvellement du protocole d'accord avec le Bureau des droits de l'homme des Nations Unies.

"Pendant ce temps, la situation des droits de l'homme continue de se détériorer dans tout le pays. Les restrictions continues du gouvernement sur l'espace civique et sa décision de réviser la Constitution par référendum le mois dernier ont généré une foule de problèmes de droits de l'homme - dont au moins 44 cas présumés d'arrestations et de détentions arbitraires - qui pourraient aggraver les griefs", a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

En ce qui concerne le Soudan du Sud, le Haut-Commissaire a salué la coopération du gouvernement avec la Commission des droits de l'homme du Conseil au Soudan du Sud.

Cependant, il a noté qu'en violation de l'Accord sur le statut des forces, les agents des droits humains travaillant avec la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) se sont régulièrement vu refuser l'accès à des lieux où des violations graves des droits de l'homme auraient été commises, entravant la mission mandatée de la MINUSS de surveiller la situation des droits de l'homme.

"Cela inclut des installations gérées par le service de sécurité nationale où des centaines de personnes seraient détenues arbitrairement dans des conditions qui pourraient être assimilées à la torture", a-t-il indiqué, exprimant sa profonde préoccupation face à l'intensification des attaques aveugles contre les civils, en particulier un modèle de viols et les assassinats perpétrés par les forces gouvernementales et leurs mandataires dans l'Etat de l'Unity depuis avril 2018.

"Les agents des droits humains ont documenté le viol d'enfants de quatre ans et de nombreux cas de femmes, de personnes âgées et d'autres personnes pendues ou brûlées vives dans ce qui semble être une politique délibérée de la terre brûlée", a-t-il déclaré.

M. Al Hussein s'est félicité de la résolution 2414 (2018) du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental qui encourage vivement le renforcement de la coopération avec le HCDH. Il réitère la volonté de son bureau d'entreprendre dès que possible une mission technique de suivi au Sahara occidental.

En outre, le Haut-Commissaire s'est déclaré préoccupé par la suspension d'une visite au Rwanda par le Sous-Comité pour la prévention de la torture (SPT) à la fin de l'année dernière, en raison de graves entraves à l'accès à certains lieux de détention; la confidentialité des entrevues et les préoccupations concernant les représailles potentielles.

Le SPT a décidé de reprendre la visite en 2018, mais il n'y a eu aucun engagement positif avec les autorités. Il a déclaré qu'ils les invitaient à coopérer pleinement pour que le Sous-Comité puisse remplir son important mandat.

Concernant le Cameroun, il a exprimé l'espoir que de récentes discussions prometteuses avec les autorités conduiraient rapidement à l'approbation d'une mission du Bureau dans toutes les régions du pays. A ce jour, cet accès a été refusé, malgré la crise croissante dans les régions anglophones, avec des combats entre une douzaine de groupes armés et les forces de sécurité.

"Nous avons reçu des rapports d'abus et de violations de toutes parts, y compris des incendies d'écoles et de biens privés ; des arrestations massives et détentions arbitraires et l'utilisation de la torture et de la force excessive par le personnel de sécurité, entraînant le déplacement de 150 mille personnes dans le pays et plus de 20 mille au Nigeria voisin", a-t-il déclaré.

M. Al Hussein a indiqué que lors de sa deuxième mission en Ethiopie, en avril, il avait été impressionné et encouragé par l'engagement du Premier ministre Abiy Ahmed Ali à entreprendre des réformes susceptibles de promouvoir la primauté du droit et le respect des droits de l'homme et principes fondamentaux , y compris un large espace d'expression, de réunion pacifique et de participation de la société civile.

"Après une longue période de réticence à s'engager avec les organes internationaux des droits de l'homme, la conclusion récente d'un mémorandum d'accord très attendu facilitera un rôle important pour le Bureau dans le pays, et j'encourage les autorités à accepter également les visites des experts en procédures dans le contexte des réformes en cours.

"Je salue la levée de l'état d'urgence au début de ce mois, ainsi que la libération d'un certain nombre de détenus politiques. Tout en reconnaissant les défis, j'ai hâte d'aider les autorités à promouvoir le respect des droits de l'homme de tous en Ethiopie», a-t-il remarqué.

Le Haut-Commissaire a félicité la Tunisie pour sa coopération étendue avec le Bureau et les procédures spéciales, et pour la mise en place d'un cadre national de suivi et d'établissement de rapports afin de renforcer l'engagement avec les organes conventionnels.

Il a déclaré que le HCDH avait un accès inconditionnel à toutes les régions du pays, y compris aux prisons, et que la visite officielle de 12 titulaires de mandat a été pleinement facilitée par le gouvernement puisqu'il a adressé une invitation permanente aux procédures spéciales en 2011.

Après sa visite à Tripoli en octobre, il a déclaré que la Libye acceptait la toute première mission d'un titulaire de mandat, le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des personnes déplacées, et que d'autres missions seraient prévues si la situation sécuritaire le permettait.

M. Al Hussein a informé le Conseil que la Libye a également co-parrainé la résolution 37/45 du Conseil, qui encourage la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) à surveiller et à signaler les violations des droits de l'homme et les abus dans le pays et appelle pour une coopération avec les mécanismes des droits de l'homme.

"La récente décision de redéployer le personnel de l'ONU à Tripoli devrait également ouvrir la voie à un meilleur accès à travers le pays", a-t-il ajouté.
-0- PANA AR/MTA/IS/SOC 18juin2018

18 juin 2018 21:00:21




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