Le HCR pour une enquête sur les violences sexuelles au Darfour

New York- Etats Unis, (PANA) -- Le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour a appelé à l'ouverture d'une enquête sur les nombreux cas de violence sexuelle répertoriés dans le Darfour soudanais, une région déchirée par la guerre.
Mme Arbour a noté que des cas de viol et de violence sexuelle se sont produits au cours des raids lancés par les forces du gouvernement soudanais et leur milice alliée au mois de décembre dernier.
Dans un nouveau rapport dont une copie a été transmise vendredi à la PANA à New York, le Haut commissariat aux droits de l'homme note que "15 cas d'agression sexuelle au moins, notamment des viols, se sont produits en décembre 2006, deux femmes enceintes ayant même été victimes de cette violence".
"Les soldats sont arrivés dans des véhicules et se sont dirigés vers les collines.
Trois d'entre eux étaient en uniforme militaire de couleur verte, tandis que le quatrième était en civil.
Tous les quatre étaient armés et ils m'ont tous violée", constate le rapport, citant une victime de 13 ans.
L'étude révèle également que certaines femmes ont été violées dans les villages, "d'autres ayant été aussi enlevées, emportées et violées avant d'être libérées plus tard".
Se fondant sur les témoignages recueillis, le rapport explique que les viols commis au mois de décembre étaient en fait utilisés comme arme de guerre pour provoquer des humiliations et insuffler la peur à la population locale.
"Ces attaques aveugles avaient ciblé une population du même groupe ethnique que certains des groupes rebelles et ont aussi entraîné des pertes en vies humaines et des déplacements de populations", a-t-elle encore affirmé.
En sus des autres recommandations, le Haut Commissaire appelle les autorités du gouvernement soudanais à ouvrir une enquête sur ces incidents.
"Cette enquête devrait avoir pour but de recueillir des éléments de preuve permettant d'identifier et de poursuivre les personnes ayant planifié, orchestré et/ou mené ces raids", a indiqué Mme Arbour.
"Les conclusions de l'enquête seront publiées et des poursuites judiciaires devraient être initiées contre les individus dont la responsabilité aura été prouvée, les victimes devant aussi recevoir une compensation", a-t-elle ajouté.
Dans un rapport distinct, l'organisme des droits humains exige également que l'ancien leader rebelle, Minni Arkoy Minnawi rende compte de la situation des 19 personnes détenues depuis le mois de septembre dernier par ses forces dans la ville de Gereida, située dans la région du Darfour, et qui n'ont pas donné signe de vie depuis lors.
Minnawi, dont le Mouvement de Libération du Soudan (SLM) a signé un accord de paix avec le gouvernement au mois de mai de l'année dernière, est un très proche collaborateur du président Omar el Béchir, avec des responsabilités toutes particulières en ce qui concerne la question du Darfour.
Plusieurs de ces hommes auraient été découverts morts, après avoir été passés à tabac dans un camp du SLM de Minnawi, en présence des leaders.
"Si les détenus sont toujours vivants, il convient de vérifier que leur intégrité physique est intacte puis de les présenter à une autorité judiciaire", a déclaré Mme Arbour, tout en ajoutant que l'Unité des droits de l'homme de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) devrait avoir accès à chacun des détenus.
Au mois de février, la Cour pénale internationale (CPI), avait désigné un ministre du gouvernement soudanais et un commandant de milice comme les premiers suspects qu'elle souhaitait poursuivre pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans le Darfour.
Le procureur général de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait conclu qu'il existait des motifs raisonnables pour juger Ahmad Muhammad Harun, un ancien ministre d'Etat soudanais de l'Intérieur, et Ali Kushayb, un leader de la milice Djandjawid, pour "s'être conjointement rendus coupables de crimes contre la population civile du Darfour".
Plus de deux millions de personnes ont été contraints de fuir leurs domiciles, dans le Darfour, depuis 2003, année qui marque le début des combats entre les forces gouvernementales et leurs alliés, les Djandjawids, d'une part, et les forces rebelles, de l'autre.

07 avril 2007 12:56:00




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