Le Forum de Cotonou pour le respect des valeurs démocratiques

Cotonou- Bénin (PANA) -- Le Forum des partis politiques, des médias et de la Société civile sur le renforcement de la paix et de la démocratie en Afrique de l'Ouest a recommandé, vendredi, aux dirigeants de la sous-région, une meilleure application des principes démocratiques, pour l'instauration de la paix et de la stabilité politique sur le continent africain.
Dans sa déclaration finale publiée à l'issue de ses travaux dans la métropole béninoise, le Forum indique que l'application des principes démocratiques pour l'instauration de la paix et de la stabilité politique se traduit, notamment, par le respect de la Constitution adoptée démocratiquement par chaque entité étatique du continent et l'abandon des pratiques du monolithisme hérité des régimes de parti unique.
Ce respect des valeurs démocratiques se traduit également par le respect effectif des droits démocratiques constitutionnellement reconnus, la mise en place d'organismes autonomes pour l'organisation transparente et régulière des élections et enfin, des mesures sécuritaires (code électoral, statut de l'opposition, statut des anciens chefs d'Etat) susceptibles de mettre en confiance les acteurs afin de stabiliser et enraciner la démocratie.
Interrogé par la PANA, le professeur Ali Nouhoum Diallo, président du Parlement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a estimé que le respect de ces valeurs démocratiques constitue un vrai diagnostic aux différentes causes de l'instabilité politique de l'Afrique en général, de l'Ouest en particulier.
"Je suis convaincu que si c'est en temps de paix qu'on prépare mieux la guerre, c'est aussi en temps de guerre qu'on doit poser les jalons les plus solides pour la paix.
Nulle autre région n'a besoin de ces jalons solides plus que l'Afrique de l'Ouest dont tous les pays ont, à un moment ou à un autre, connu des coups d'Etat ou ont été confrontés à la guerre civile", a-t-il ajouté.
Selon le président du Parlement de la CEDEAO, le non-respect des valeurs démocratiques engendre les problèmes de l'alternance démocratiques, les révisions constitutionnelles, la clause d'exclusion politique et des élections controversées sur le continent.
"Lorsque, par les dispositions de la loi ou par des pratiques politiques, l'opposition politique n'a aucune chance d'accéder au pouvoir, il y a forcément un malaise politique lourd de toutes sortes de conflits dont les conflits armés, l'opposition pouvant en effet voir en la guerre le seul moyen pour elle d'accéder au pouvoir", a-t-il expliqué, soulignant que l'alternance démocratique et pacifique devrait être un des baromètres déterminant de la stabilité de tout système démocratique.
S'agissant des clauses d'exclusion politique, le Pr Diallo a estimé qu'il y a en Afrique des clauses d'exclusion politique écrites ou non-écrites qui ne permettent pas souvent à tous les citoyens, indépendamment de leurs origines géographiques, religieuses et ethniques, de se présenter aux élections, d'être électeurs et d'être éligibles.
"Les références à la résidence, à la nationalité, à la religion, aux origines ethniques ou géographiques, dès qu'elles sont inscrites dans la loi électorale, ou tout simplement cristallisées dans le subconscient d'une majorité de citoyens, deviennent des facteurs de blocage politique et d'exclusion d'une catégorie de citoyens qui ne peuvent plus faire prévaloir leurs droits", a-t-il indiqué.
Il a fait également observer qu'en Afrique, les résultats des élections restent toujours un sujet de controverse, pas à cause de mauvais perdants, mais parfois en raison des règles du jeu pas très transparentes qui ne garantissent pas à tous l'égalité de chances.
"C'est un phénomène fréquent en Afrique que les lendemains d'une victoire électorale restent très souvent douloureux, où le vainqueur se trouve plutôt embarrassé, soit par son score sans appel, soit par des troubles politiques graves qui, quoiqu'on dise, restent le signe d'un échec politique, à savoir que les urnes n'ont pas réussi à départager les protagonistes", a-t-il déploré.
Le Forum de Cotonou, qui a regroupé quelque 250 représentants de partis politiques, de médias et de la Société civile provenant des 15 pays de la CEDEAO ainsi que de la Mauritanie, du Cameroun et du Tchad, avait pour principal objectif de favoriser le dialogue et l'interaction à l'échelle régionale entre ces trois catégories d'acteurs autour de leur rôle respectif commun dans la prévention des conflits en Afrique de l'Ouest.
Il avait également pour objectif de permettre la mise en réseau de ces divers acteurs et leur implication concertée dans l'action.

01 july 2005 15:14:00




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