Le Forum d'Abidjan suscite l'intérêt de la diaspora ivoirienne

Paris- France (PANA) -- Les travaux du Forum de réconciliation nationale entamé mardi à Abidjan suscitent un vif intérêt parmi les membres de la communauté ivoirienne en France, a pu constater jeudi le correspondant de la PANA dans la capitale française.
"Nous pensons que notre pays revient de loin et que ce Forum est une chance inespérée pour passer l'éponge sur les événements du passé", déclare Mariam Diabaté à la PANA, précisant que depuis le début des travaux elle passe une bonne partie de sa journée accrochée à son ordinateur pour suivre le déroulement du Forum.
"Je souhaite surtout que les Ivoiriens saisissent cette occasion pour se pardonner et retourner à la reconstruction nationale qui me paraît plus urgente que les querelles de clocher dont le pays a souffert ces trois dernières années", souligne de son côté Hervé Bobi, qui prétend suivre en temps réel la rencontre grâce à Internet et à des coups téléphone quotidiens à Abidjan.
D'autres immigrés ivoiriens en France avancent des arguments supplémentaires pour justifier l'attention qu'ils portent aux assises que dirige l'ancien Premier ministre Seydou Diarra.
"L'économie ivoirienne qui était la locomotive de celle de toute la sous-région ouest-africaine s'est grippée ces dernières années à cause de nos querelles intestines.
J'ose espérer qu'après cette rencontre elle retrouvera ses performances d'antan", commente Constant Soko, auteur d'une thèse de doctorat sur les limites du financement extérieur en Afrique.
Leticia Dago, elle, fonde son espérance sur un motif de type différent lorsqu'elle affirme: "la Côte d'Ivoire était pendant longtemps une grande terre d'hospitalité africaine avant de connaître récemment des manifestations d'hostilités vis-à-vis des étrangers.
Je souhaite que la réconciliation nationale se fasse aussi avec tous ceux qui ont choisi notre pays comme terre d'accueil".
Sans préjuger des résultats de la rencontre, de nombreux immigrés ivoiriens ne cachent pas, quant à eux, leurs appréhensions.
"Je vais bien partager l'enthousiasme de mes compatriotes pour ce Forum, mais je ne sais pas très bien ce qu'on peut en espérer lorsque je constate qu'à l'ouverture les principaux protagonistes de la vie politique comme Gueï, Ouattara ou Bedié ne sont pas au rendez-vous", s'inquiète Alassane Ly.
Les éventuels dérapages pendant le déroulement des travaux constituent l'élément moteur des appréhensions de Nicolas Abou.
"En pareil cas, certains vont essayer de déverser tout ce qu'ils ont sur le coeur et les passions ont alors vite fait de s'enflammer", redoute M.
Abou, qui compte cependant sur "l'expérience et la sagesse" de Seydou Diarra pour "mener la barque à bon port".
Même si les Ivoiriens sont les premiers concernés par le Forum, d'autres Africains de la diaspora en France ont tenu à joindre leurs voix au chapitre.
"Nous souhaitons que ces assises permettent à nos amis ivoiriens de se réconcilier définitivement, toute la sous-région ouest- africaine a souffert directement ou indirectement de leur mésentente", estime le Guinéen Ibrahim Sory.
Son analyse n'est guère différente de celle de la Nigérienne Halima Mamane qui, s'appuyant sur son expérience de cadre à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), soutient que la normalisation de la situation économique en Cote d'Ivoire aura des retombées positives sur tout l'espace monétaire de cette partie du continent.
Selon plusieurs observateurs, la France, qui compte plus de 20.
000 de ses ressortissants en Côte d'Ivoire et qui a sur place divers intérêts économiques, suit avec attention le déroulement des travaux du Forum.
On rappelle que la communauté ivoirienne en France, parmi laquelle on compte l'ancien président Henri Konan Bedié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, est estimée à quelque 17.
000 personnes.

12 octobre 2001 08:20:00




xhtml CSS