Le FPI dénonce des lacunes dans le rapport ONU et accable RFI

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- M.
Affi Nguessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, a dénoncé ce jeudi, les incohérences contenues dans le rapport des enquêteurs des Nations Unies sur les événements des 25 et 26 mars 2004 qui met en cause les "plus hautes autorités" du pays et a vilipendé Radio France Internationale (RFI) coupable d'avoir diffusé ledit rapport, sans passer par la voie officielle.
Au cours d'une conférence de presse qu'il a animée au siège du parti, avec pour thème central le rapport des Nations unies sur les affrontements meurtriers des 25, 26 mars 2004 à Abidjan qui "suscite beaucoup de controverses et de commentaires ces derniers moments", le président du FPI, a protesté contre la manière officieuse par laquelle le rapport a été publié.
"La diffusion de ce rapport par voie de presse, avant même qu'il ne soit validé par le principal destinataire ainsi que son exploitation tendancieuse par RFI et la presse française, appuyé par de pseudo spécialistes, ne peuvent procéder que d'une fuite savamment organisée, en vue de discréditer les autorités ivoiriennes", s'est-il plaint.
Il a précisé que la réaction du FPI est plus motivée "par les commentaires de RFI, dans un contexte politique ivoirien très fragile qui suscite beaucoup d'inquiétudes" avant de s'interroger sur "le but réel visé par RFI, à travers l'exploitation du rapport".
Selon M.
Affi Nguessan, quels que soient les auteurs et les modalités, "ces fuites entament la crédibilité des enquêteurs et confirment la partialité de l'enquête".
"Car à ce niveau de responsabilité, de tels comportements ne peuvent que jeter un doute sur le sérieux du travail accompli et leurs auteurs" a lancé Affi Nguessan qui s'est interrogé sur l'usage de l'Anglais pour la rédaction et la diffusion de ce rapport dans un pays francophone avec des "enquêteurs francophones ou parlant français".
Ces déviances selon lui, renforcent les craintes sur la partialité des conclusions des enquêteurs de l'ONU.
Autant il a dénoncé des irrégularités sur la forme, autant il a relevé des incohérences sur le fond du document.
"Globalement, ce rapport se révèle donc partisan, superficiel, malhonnête, immoral et manque totalement de rigueur", a fustigé M.
Affi.
Le responsable du FPI estime que les conclusions du rapport sont une "compilation des thèses de l'opposition et des rumeurs colportées par les rebelles.
Ce rapport minimise la responsabilité des marcheurs dans les tueries, ne tire pas toutes les conséquences des morts de policiers pour éviter d'évoquer la thèse de la préméditation".
Pour le parti de Laurent Gbagbo, des points d'ombre subsistent dans le rapport de l'ONU, à travers "des conclusions hâtives qui lui enlèvent toute sa crédibilité".
"Un tel rapport ne mérite donc pas d'être pris au sérieux par l'ONU qui doit, en toutes circonstances, incarner l'impartialité.
Il doit, par conséquent, être dénoncé et rejeté par les autorités ivoiriennes" a conclu le président du FPI.
On rappelle que RFI, dans ses éditions Afrique des lundi et mardi, a devancé les autorités ivoiriennes dans la diffusion du rapport de la commission d'enquête de l'Onu sur les violences perpétrées les 25 et  26 mars à Abidjan qui mettrait en cause "les plus hautes autorités de l'Etat" responsables de la mort de 120 personnes, à l'issue de la répression d'une manifestation interdite.

06 mai 2004 18:58:00




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