Le FESPAM a donné une nouvelle image au pays en 2003

Brazzaville- Congo (PANA) -- La quatrième édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), qui s'est déroulée du 2 au 8 août 2003 à Brazzaville, est l'événement culturel le plus important organisé cette année au Congo.
Considéré comme le plus grand événement culturel de l'année au Congo, cette grande rencontre des artistes musiciens du continent et de la diaspora a permis de donner une nouvelle image sur le plan sécuritaire d'un pays sorti exsangue, il y a un peu plus de six ans, d'une guerre civile très meurtrière.
Brazzaville, ex-capitale de l'Afrique équatoriale française (AEF), est le siège permanent du FESPAM.
Elle a été choisie pour abriter ce Festival continental, au terme d'une rencontre qui a regroupé en 1995, les représentants de dix pays africains et ceux de l'Union Africaine (OUA) ; du Comité International de la Musique (CIM), de l'UNESCO et du Centre international de Civilisation Bantu (CICIBA).
Le FESPAM est une émanation de l'ex-OUA.
Le choix de Brazzaville pour l'abriter s'explique par le fait que le Congo est le berceau de la musique africaine.
Tous les artistes (traditionnels, tradi- modernes et modernes) participent au Festival.
Le Festival est organisé tous les deux ans.
La première édition s'est tenue en 1996, sous le thème : "Musique et développement".
Celle de 1998 a été ajournée.
Le pays ayant connu une longue guerre civile (entre juin et octobre 1997) n'était pas en mesure de réunir toutes les conditions requises pour organiser la fête.
En 1999, le Congo avait réuni des centaines d'artistes musiciens venus de divers horizons.
La deuxième édition s'est tenue dans une ville qui a retrouvé des signes tangibles de paix.
La troisième édition intervient en 2001.
Pour la première fois de l'histoire du FESPAM, pour renforcer certainement les liens culturels qui existent entre les deux capitales les plus rapprochés de la planète (Brazzaville et Kinshasa), quelques spectacles musicaux sont organisés sur la rive gauche du fleuve Congo.
En 2003, le Festival est organisé dans sa quatrième édition.
Celle-ci marque une nette rupture avec les précédentes éditions sur plusieurs plans.
Elle se tient dans un contexte particulier.
Le pays est doté de nouvelles institutions, dont le gouvernement, issues des élections générales de l'année 2002.
Les artistes musiciens nationaux sélectionnés ont été plus que jamais honorés.
Quelque 100 millions de Fcfa ont été versés à tous ces mélomanes.
Leurs cachets ont été revus à la hausse.
Un acompte de 50% leur a été remis, bien avant les prestations.
Et le reste aussitôt après le FESPAM.
De telles dispositions n'avaient jamais été prises au cours des précédents évènements, si bien que toutes les dettes enregistrées ont failli gâcher la quatrième édition.
Les musiciens locaux ont failli boycotter l'événement.
Mais la situation a été résolue par le président Denis Sassou Nguesso.
"Le président de la république a décidé de régler la dette antérieure de nos artistes.
Il a octroyé une enveloppe de 30 millions de Fcfa", avait annoncé le ministre de la Culture et des arts", Jean Claude Gakosso.
Sur le plan de la couverture médiatique, le FESPAM 2003 est incontestablement le meilleur.
Grâce à un partenariat liant le Commissariat général du FESPAM et les Koras (considérée comme la plus grande Maison destinée à décerner les grands prix aux artistes du continent) de M.
Adjovi, basés en Afrique du Sud, plusieurs millions de téléspectateurs répartis à travers l'Afrique et le monde ont pu suivre en direct -pour la première fois de l'histoire-, les festivités sur les chaînes internationales de radio et de télévision, en l'occurrence RFI, CFI et TV5.
Une enveloppe de 250.
000 Fcfa a été allouée à chacun des organes de presse privés, ce qui n'était jamais arrivé au cours des éditions 1996, 1999 et 2001.
"Le FESPAM a besoin des médias.
Aucun événement de nos jours n'est concevable sans les médias", affirmait Jean Claude Gakosso à la veille du lancement du FESPAM 2003.
Au total, 48 millions de Fcfa ont été distribués à la presse nationale.
De nombreux journalistes et chroniqueurs des médias internationaux ont également fait le déplacement de Brazzaville.
Sous d'autres cieux, le FESPAM 2003 a mobilisé plus de spectateurs que les festivals antérieurs.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée (pour une première fois) au stade Massamba-Débat devant plus de 22.
000 spectateurs.
Présidée par le Chef de l'Etat, elle a connu la participation du président centrafricain, François Bozizé et de la première Dame du Gabon, Mme Edith Lucie Bongo.
Le FESPAM 2003 a été presque une délocalisation.
Outre les spectacles qu'elle était habituée à organiser, la capitale de l'Ex Zaïre a accueilli également le symposium, la partie scientifique du FESPAM.
Brazzaville a conservé quant à elle, le Marché africain de la musique (MUSAF), l'élection Miss FESPAM et les grands spectacles des artistes de renommée internationale tels, Manu Dibango, Brenda Fassie, Meway, Ticken Jah Fakoly, Petit Pays, Koffi Olomidé, Oumou Sangaré, Werra Son.
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Au FESPAM 2003, les organisateurs ont innové.
A l'exception des prix attribués au cours des trois premières éditions, "des prix tropicalisés" ont été décernés.
Il s'est agi de distinctions telles, Luambo Makiadi, Pamelo Munka.
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Pour les années à venir, le FESPAM devrait mobiliser plus de musiciens pour la simple raison que cette fête, signe tangible de la paix, a permis de soigner l'image du pays.
Au delà, il a été un facteur visant à inviter les investisseurs au Congo.
Le FESPAM laisse entrevoir de bonnes perspectives pour la prise en charge, par les autorités, du secteur de la culture.
Celui-ci a valablement remplacé le tourisme qui ne contribue pas énormément au Produit intérieur brut (PIB).
A cause des interdictions traditionnelles ou rites ; le tourisme a du mal à se développer, surtout en pays Téké.
Le FESPAM, bien que panafricain, est désormais pris en compte dans le budget de l'Etat congolais, à chaque fois qu'il se tient.

22 décembre 2003 10:17:00




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