Le Daily News accuse Mbeki, Obasanjo et Muluzi de trahison

Harare- Zimbabwe (PANA) -- Le journal privé zimbabwéen, "Daily News", un détracteur du gouvernement de Robert Mugabe, a accusé, mercredi, les trois dirigeants africains venus lundi à Harare pour une médiation politique, de trahison pour leur indulgence présumée envers Mugabe.
Les présidents du Malawi, du Nigeria et d'Afrique du Sud ont rencontré le chef de l'Etat zimbabwéen et son principal rival Morgan Tsvangirai du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) pour les inviter à reprendre le dialogue, interrompu par le gouvernement après la saisine, par le MDC, de la justice contre la réélection en 2002 de M.
Mugabe.
Dans un éditorial intitulé: "Une autre trahison", le Daily News, a affirmé que les trois dirigeants africains, par solidarité avec leur collègue en difficulté, avaient évité de pousser M.
Mugabe à reprendre le dialogue qui, d'après le journal, pourrait sortir le pays de la crise économique et politique qu'il traverse.
Le MDC accuse M.
Mugabe d'avoir fraudé au scrutin présidentiel de mars 2002 et mobilise régulièrement la population pour des manifestations.
"Encore une fois, les Zimbabwéens sont laissés pour compte.
Avec le président Robert Mugabe dont le pouvoir ne tient plus qu'à un fil, en raison de la situation économique du Zimbabwe qui se dégrade de plus en plus, tout ce que les présidents Thabo Mbeki (Afrique du Sud), Olusegun Obasanjo (Nigeria) et Bakili Muluzi (Malawi) devaient faire était de faire pression sur M.
Mugabe pour qu'il revienne à la table des négociations sans conditions préalables", indique le journal.
Il ajoute: "Une occasion en or de soulager les Zimbabwéens des souffrances qui leur sont infligées par les politiques rétrogrades de ce gouvernement, a été gâchée, parce que M.
Mbeki et compagnie ont préféré exprimer leur solidarité au dictateur vieillissant plutôt qu'aux masses du Zimbabwe, qui souffrent depuis longtemps".
"Il a aussi été gâché une occasion de soulager la région du fardeau d'une économie chaotique et en récession, et de redorer l'image de marque de l'Afrique australe comme une destination qui en vaut la peine pour les investisseurs étrangers.
"Que MM Mbeki, Obasanjo et Muluzi aient à la place, cédé aux exigences à propos des négociations entre lui et le leader du Mouvement pour le changement démocratique, Morgan Tsvangirai, était déshonorant et une trahison honteuse de la confiance que d'innocents zimbabwéens avaient placé dans les trois dirigeants", accuse le Daily News.

07 mai 2003 13:48:00




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