Le Cpj salue la libération du caricaturiste équato-guinéen Ramón Nsé Esono Ebalé

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a accueilli avec satisfaction, la libération ce mercredi, du caricaturiste et blogueur, Ramón Nsé Esono Ebalé, détenu pendant plus de cinq mois dans une prison de Malabo, la capitale équato-guinéenne, sur de fausses accusations de blanchiment d'argent et de contrefaçon de monnaie.

Selon le directeur exécutif d'EG Justice,Tutu Alicante, une organisation américaine de promotion des droits de l'homme en Guinée équatoriale, le juge Agustin Chicampo Barila du tribunal provincial de Malabo a ordonné l'acquittement de Ramón Nsé Esono Ebalé, après la rétractation, lors d'un contre-interrogatoire le 27 février, du témoin-clé de l'accusation, un policier.

Celui-ci a déclaré avoir obéi aux ordres, lors qu'il a accusé Ramón Nsé Esono Ebalé d'activités délictueuses  .

Le parquet a indiqué qu'il ne pouvait continuer les poursuites. Ainsi, le juge a formellement acquitté Ramón Nsé Esono Ebalé qui a recouvré la liberté ce mercredi.

"Nous sommes heureux que Ramón Nsé Esono Ebalé soit libre, mais le fait qu'il soit acquitté après la rétractation du témoin principal de l'accusation, met en évidence à quel point, les autorités ont fabriqué ces accusations dans un premier temps. Ce séjour carcéral était clairement une mesure de représailles contre les caricatures et les blogs d'Ebalé qui étaient critiques à l'égard du Président Teodoro Obiang Nguema", a déclaré la Coordonnatrice du programme Afrique du CPJ, Angela Quintal.

Le CPJ avait participé à une coalition mondiale, #FreeNseRamon, d'organisations de droits de l'homme pour plaider la libération d'Ebalé.

Ramon Ebalé, mieux connu sous le nom de plume Jamon y Queso, avait été arrêté avec deux amis de nationalité espagnole, le 16 septembre 2017 vers 19 h, par trois personnes s'étant identifiées comme des agents de sécurité.

Il avait subi un interrogatoire des agents de police sur ses activités professionnelles de caricaturiste, notamment les caricatures publiées en ligne du Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Les agents de police avaient exigé de lui la production d'une déclaration expliquant ses caricatures et ses blogs sur les autorités équato-guinéennes.

Il avait comparu devant un tribunal, le 3 octobre 2017, où il avait remis une déclaration au juge, mais était retourné en prison.
-0- PANA BAL/BEH/SOC 07mars2018

07 mars 2018 22:04:48




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