Le Cpj exige une enquête après une descente policière dans une radio en Rd Congo

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (Cpj) a exigé jeudi des autorités congolaises, une enquête sérieuse et crédible sur la descente policière opérée le 5 août à la Radio Télévision Chrétienne (Rtc) émettant dans la ville de Kananga dans la province du Kasai central.

Les exigences du Cpj portent également sur la restitution du matériel saisi par les cinq agents de la police, la protection à assurer au journaliste José Mbuyi et la reddition des comptes pour les auteurs de ces actes.

Selon le témoignage du directeur de la Rtc, Sosphete Kambidi, la descente policière est intervenue après la diffusion d'un reportage à l'édition du journal de 06h sur l'instauration d'une nouvelle taxe sur les motocyclettes.  

Le maire de Kananga, Jean Mwamba, très en colère, lui a téléphoné pour exprimer son mécontentement et à menacer de fermer la station radio.

Une heure après cet échange téléphonique, cinq agents de police ont fait une descente dans les locaux de la Rtc, sans présentation d'un mandat à la recherche du journaliste José Mbuyi, auteur du reportage.

Ils ont emporté deux ordinateurs, deux dictaphones et un microphone.

José Mbuyi, qui avait déjà quitté la station radio, a déclaré au Cpj, avoir reçu des menaces de mort à travers des appels téléphoniques de personnes non identifiées.

La coordonnatrice du programme Afrique du Cpj, Angela Quintal, a qualifié cette descente policière d'acte manifeste d'intimidation visant à censurer la Rtc et ses journalistes.

"Les journalistes en République démocratique du Congo devraient être autorisés à rapporter les faits sans crainte pour leur sécurité, ni harcèlement de la police", a souligné Mme Quintal.

Les cinq agents de police ont été détenus le 5 août au commissariat de police, puis relâchés le 7 août sans inculpation. Deux d'entre eux ont été arrêtés de nouveau mercredi après le dépôt d'une plainte pénale de l'avocat de la Rtc, Moisi Dibuwa, auprès du parquet militaire.

Le commissaire adjoint de la police de Kananga, Zeus Nzengu, s'est refusé à tout commentaire d'une instruction judiciaire en cours.

La Rtc a repris ses émissions avec une capacité plus limitée, puisque ses équipements essentiels sont toujours confisqués.
-0- PANA BAL/BEH 10août2017

10 août 2017 21:34:14




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