Le Cpj exige le rétablissement des licences radio des stations de médias zambiennes

Lusaka, Zambie (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (Cpj) a appelé les régulateurs zambiens à rétablir immédiatement les licences radio de trois médias qu'ils ont révoquées cette semaine.

Il a également demandé que la Police devrait abandonner toutes les charges contre quatre travailleurs des médias arrêtés lorsque la Police a scellé les bureaux de la plus grande station de télévision privée du pays.

L'Independent Broadcasting Authority (Iba) de la Zambie a suspendu le 22 août les licences de Muvi TV, la plus grande chaîne de télévision privée du pays, ainsi que les stations de radios communautaires privées, Komboni Radio à Lusaka et Radio Itezhi Tezhi stationnées dans la province du Sud.

Iba a allégué que les trois étaient coupables de faute professionnelle et "ont posé un risque pour la paix et la stabilité nationale" avant et après l'élection générale du 11 août.

Selon Milner Katolo, un avocat de Muvi TV et Radio Komboni, la Police a arrêté quatre travailleurs de la télévision MuVi. Ils ont été arrêtés après que la Police et les responsables de l'Autorité de la technologie de l'information et des communications de la Zambie (Zicta) ont pris le contrôle des bureaux de la station à Lusaka le 22 août.

Ils ont été accusés "d'intrusion criminelle", a déclaré Katolo au Cpj. Costa Mwansa, directeur de la rédaction de Muvi TV, a révélé que John Nyendwa, Mubanga Katyeka, Joe Musakanya et William Mwenge ont été arrêtés puis relâchés et font face à des accusations d'intrusion.

"L'annulation des licences de certains des plus grands diffuseurs de la Zambie sur des motifs vagues de la préservation de la 'paix nationale' sent la censure », a déclaré, dans un communiqué, la directrice du Programme Afrique du Cpj, Angela Quintal.

«L'arrestation de quatre professionnels des médias sur des accusations d'intrusion dans leurs propres locaux sera risible si elle n'était pas si scandaleuse. Nous appelons les régulateurs zambiens de remettre Muvi TV, Komboni Radio et Radio Itezhi Tezhi sur les ondes immédiatement et laisser tomber les accusations fallacieuses portées contre John Nyendwa, Mubanga Katyeka, Joe Musakanya et William Mwenge".

L'avocat Katolo a déclaré au Cpj que l'Iba n'a donné à ses clients aucune justification de la suspension de leurs licences. "Nous ne disposons pas de précisions suffisantes pour répondre à une accusation de conduite non professionnelle», a-t-il déclaré.

L'avocat a déclaré que la loi d'amendement de Iba, qui détaille les procédures de l'organisme de régulation, exige que Iba donne un avis aux diffuseurs d'une plainte et leur donne l'occasion de répondre avant de suspendre leurs licences. Il a indiqué qu'Iba lui avait déclaré que les radiodiffuseurs seront en mesure de présenter leur cas le 14 septembre.

La directrice générale d'Iba, Josephine Mapoma, a rejeté les allégations selon lesquelles les actions de Iba étaient politiquement motivées ou qu'il avait agi illégalement.

Elle a déclaré au Cpj qu'elle ne pouvait pas divulguer les détails des violations jusqu'à ce que les diffuseurs comparaissent devant Iba, car elle ne voulait pas être vu en train de juger la question. Compte tenu de la gravité des infractions présumées, a-t-elle déclaré, Iba avait invoqué l'article 29 (1) (j) de la Loi modifiant la Loi Iba qui lui a permis de suspendre les licences en attendant une audience.

Le Cpj a remarqué que la décision de fermer les trois diffuseurs fait suite à la fermeture en juin du principal journal indépendant zambien, "The Post", apparemment en raison d'un litige fiscal, une démarche que le Cpj considère comme une tentative politique pour faire taire les critiques à la veille de l'élection, qui a été entachée par la violence et les allégations d'intimidation des électeurs.

L'opposition du United Party for National Development (Upnd) a contesté les résultats de l'élection présidentielle du 11 août à la Cour constitutionnelle, alléguant, entre autres, que la commission électorale du pays avait manipulé les résultats.

La contestation judiciaire a retardé la prestation de serment du président élu, Edgar Lungu, du Patriotic Front (Pf) au pouvoir, qui a été réélu après avoir remporté 50,4 pour cent des voix contre 47,6 % du chef de l'Upnd, Hakainde Hichilema.
-0- PANA MM/MA/MTA/BEH/IBA 25août2016

25 août 2016 20:36:25




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