Le Cpj exhorte la Gambie à donner suite à la décision de la Cour de la Cedeao

Banjul, Gambie (PANA) - Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a appelé le gouvernement gambien à donner suite à un jugement rendu par un tribunal sous-régional et à "abroger immédiatement ses lois sur la diffamation, la sédition et les fausses nouvelles".

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui siège à Abuja, au Nigeria, s'est prononcée mercredi contre les lois draconiennes de la Gambie sur les médias adoptées par l'ancien régime de Yahya Jammeh.

"Nous sommes ravis du jugement (de mercredi) et considérons qu'il aide à fermer la porte sur le harcèlement de la presse sous le président Yahya Jammeh de Gambie", a déclaré, mercredi, Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ.

"Le gouvernement gambien, sous la présidence d'Adama Barrow, doit veiller à ce qu'il n'y ait aucun retard dans l'application du jugement de la CEDEAO afin que les médias puissent fonctionner librement sans crainte de représailles".

Par ailleurs, la CEDEAO a constaté que les lois gambiennes criminalisant le discours et son traitement de quatre journalistes lors de leur arrestation violaient leurs droits.

Les journalistes - Fatou Camara, Fatou Jaw Manneh, Alhagie Jobe et Lamin Fatty - vivaient en exil par crainte de nouvelles persécutions, selon le communiqué.

Le CPJ et les organisations partenaires ont déposé un mémoire «amici curiae» à l'intention de la CEDEAO dans le cadre de l'affaire.

La Fédération des journalistes africains (FAJ) avait déposé l'affaire en décembre 2015 avec les quatre journalistes gambiens qui vivaient en exil sous le régime de l'ancien président Yahya Jammeh.

Les journalistes ont fait valoir que leurs droits, y compris leurs droits à la liberté d'expression, avaient été violés par la Gambie à travers l'application de lois criminalisant la diffamation, la sédition et les fausses nouvelles dans le pays.

Deux des journalistes ont également été torturés alors qu'ils étaient sous la garde de la National Intelligence Agency après leur arrestation en vertu de ces lois.

Les arguments ont été entendus le 11 octobre 2016 à la Cour de justice communautaire de la CEDEAO siégeant à Abuja, au Nigeria. L'affaire a été soutenue par Media Legal Defence Initiative (MLDI).

Bien que la liberté de la presse se soit considérablement améliorée sous le nouveau gouvernement du président Adama Barrow porté au pouvoir en janvier 2017, ces lois restrictives restent toujours en vigueur.
0- PANA MLJ/MA/MTA/BEH/IBA/SOC 15fév2018

15 february 2018 17:20:58




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