Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUAD

New York- Etats-Unis (PANA) -- Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté en faveur de la prorogation d'une année du mandat de l'Opération hybride Nations unies/Union africaine au Darfour (MINUAD), qui a expiré jeudi.
14 membres sur les 15 composant le Conseil ont voté en faveur de cette résolution présentée par le Royaume-Uni, à l'exception des Etats-Unis qui se sont abstenus.
Dans la résolution, le Conseil prend note du communiqué rendu public le 21 juillet par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, ainsi que de ses préoccupations concernant les éventuels développements qui pourraient découler de la demande d'inculpation du président soudanais, Omar el-Béchir, par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno- Ocampo.
Il demande également aux Etats membres qu'ils "s'engagent à fournir les unités nécessaires -hélicoptères, reconnaissance aérienne, transport terrestre, génie et logistique- et les autres moyens de mise en œuvre requis".
De même, le Conseil souligne "qu'il importe de renforcer les capacités des Bataillons de la MINUAD héritées de la Mission de l'Union africaine au Soudan et celles des autres Bataillons à venir…".
Le Conseil se réjouit, en outre, de l'appel lancé par le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour le déploiement de 80% des forces de la mission hybride d'ici la fin de l'année, exhortant aussi les autres partenaires à "ne ménager aucun effort pour faciliter les efforts dans ce sens".
Dans une résolution datée du mois de juillet de l'année dernière, le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement d'un maximum de 26.
000 éléments placés sous l'autorité du lieutenant-général Martin Agwai.
A la date du 31 mai de l'année en cours, la MINUAD ne disposait que de 9.
563 éléments en uniforme, dont les capacités étaient d'ailleurs limitées du fait de l'insuffisance des hélicoptères et autres ressources d'appui.
Il convient de rappeler qu'à la suite de la réunion d'urgence qui avait été convoquée le 21 juillet, dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, l'UA avait publié un communiqué demandant instamment au Conseil de sécurité de l'ONU de suspendre la procédure de mise en accusation du chef d'Etat soudanais.
L'Afrique du Sud et la Libye avaient proposé un amendement appelant à la suspension, pour un an, de la procédure d'inculpation, une initiative qui avait provoqué quelques scissions au sein du Conseil, avec l'opposition de plusieurs pays occidentaux, en particulier des Etats-Unis et de la France.
Cependant, dans un communiqué rendu public à l'issue du vote, l'ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff, avait affirmé que Washington était en faveur de la prorogation du mandat de la MINUAD, tout en s'abstenant lors du vote, précisant que le libellé de la résolution risquait d'envoyer un message erroné au président el-Béchir et de saper les efforts réalisés pour le traduire en justice.
De même, l'ambassadeur du Royaume-Uni, John Sawers, a expliqué qu'il ne jugeait pas opportun d'examiner la question de la saisine de la CPI dans le cadre du renouvellement de la mission de la MINUAD.
S'adressant aux journalistes accrédités aux Nations unies, M.
Sawers a affirmé que "dans la résolution, le Conseil de sécurité n'a pas pris de position sur la décision du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de lancer un mandat d'arrêt contre le président el-Béchir".
La PANA rapporte que quelques membres du Conseil, notamment le Vietnam, l'Afrique du Sud, la Libye, la Chine et la Russie, ont exprimé leurs préoccupations quant à l'impact négatif que l'inculpation du chef de l'Etat soudanais par la CPI pourrait avoir sur le processus de paix dans le Darfour.
Pour sa part, l'ambassadeur russe, Vitaly Churkin, a jugé “regrettable” que le Conseil ne se soit pas prononcé sur la question de la “réticence de plusieurs membres du Conseil de sécurité”.
Il a averti que la position adoptée par ces membres du Conseil pourrait avoir des "conséquences négatives imprévues" et que "la responsabilité repose entièrement sur leurs épaules".
Le 14 juillet, le procureur général de la CPI avait officiellement demandé le lancement d'un mandat d'arrêt contre le président el-Béchir, accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre au Darfour, la province occidentale du Soudan.
Aux termes de l'article 16 des statuts de la CPI, les 15 membres du Conseil de sécurité peuvent adopter une résolution suspendant pour une durée de 12 mois une instruction ou des poursuites menées par la CPI.
Cette résolution peut être renouvelée.
La PANA rapporte que le Soudan, qui s'oppose avec véhémence à toute action de la CPI, a mobilisé l'appui d'importantes organisations internationales, en particulier l'Organisation de la conférence islamique (OCI), la Ligue arabe et le Mouvement des Non-Alignés.

04 août 2008 14:56:00




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