Le Conseil de sécurité de l'ONU est favorable à une action mondiale contre le sida

New York, Etats-Unis (PANA) – Le Conseil de sécurité des Nations unies a souligné mardi l'impérieuse nécessité pour une action urgente et coordonnée pour réduire l'impact du VIH et du SIDA dans les situations de conflit et d'après conflit.

Il a également souligné le rôle important que les opérations de maintien de la paix pourraient jouer dans la riposte à cette épidémie.

La réunion du Conseil a été convoquée par le président du Gabon, M. Ali Ben Bongo Ondimba, dont le pays assure la présidence pour le mois de juin.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité au cours de la réunion sur l'impact du VIH/SIDA sur la paix et la sécurité, le Conseil a reconnu que les opérations de maintien de la paix pourraient contribuer grandement à apporter une réponse intégrée au VIH et au SIDA.

Il a affirmé que le VIH constitue un des plus grands obstacles au développement, au progrès et à la stabilité des sociétés et requiert une réponse mondiale "exceptionnelle et globale”.

C'est la deuxième fois que le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, discute du VIH/SIDA.

En janvier 2000, il avait adopté la résolution 1308 dans laquelle il reconnaissait l'ampleur de l'épidémie, qui, si on n'y prend garde, pourrait constituer une menace pour la stabilité et la sécurité.

Il a également insisté sur l'éventualité que le VIH et le SIDA touchent les personnels de maintien de la paix.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déclaré dans son intervention à la réunion, que chaque fois que le SIDA fait partie de l'équation, les Nations unies s'emploient à faire partie de la solution.

M. Ban a souligné qu'avant l'adoption de la résolution 1308, le personnel militaire était perçu sous l'angle du risque qu'il peut constituer pour les civils.

"Maintenant nous comprenons que les soldats et la police des Nations unies participent à la prévention et au traitement de la pandémie", a-t-il déclaré.

Selon lui, pour le personnel des Nations unies la formation pré-déploiement sur le VIH est la norme, ajoutant que 1.500 soldats de la paix ont été formés comme conseillers pairs.

Le patron des Nations unies a également révélé que le nombre de casques bleus sollicitant un des conseils et un dépistage volontaire est passé en cinq ans, de 2.000 à plus de 14.000.

Il a exhorté tous les pays membres à se joindre aux efforts de lutte contre le VIH et le SIDA dans les campagnes contre la violence sexuelle et celles en faveur des droits des femmes.

"Cela signifie s'attaquer aux interactions dangereuses entre le SIDA et le commerce international de drogue, le trafic sexuel et les violations faites aux femmes. Nous avons besoin d'action après les accords et le silence des armes. Nous devons aider les sociétés déchirées à prévenir la propagation du VIH et nous devons fournir un traitement à tous ceux qui en ont besoin”, a-t-il dit.

Prenant également la parole, le directeur exécutif du programme conjoint des Nations unies sur le VIH et le SIDA (ONUSIDA), Michel Sidibe, a souligné le progrès réalisé et les obstacles rencontrés dans la mise en oeuvre de la résolution 1308.

Il a souligné qu'un progrès significatif a été réalisé en facilitant l'accès à la prévention, au traitement du VIH et aux centres de santé à toutes les franges de la société parmi lesquelles le personnel de  maintien de la paix et les autres forces en uniforme.

"Néanmoins, au cours des 10 dernières années, le contexte des crises et des conflits à travers le monde a remodelé ces problèmes et souligné la nécessité d'une réponse au SIDA dans le cadre des actions des Nations unies visant à prévenir les conflits, à assurer la sécurité et à bâtir la paix”, a-t-il affirmé.

L'Assemblée générale des Nations unies de cette semaine offre une occasion aux pays membres après 30 ans d'épidémie et 10 ans depuis la session spéciale de l'ONU sur le VIH et le SIDA, en 2001, de faire le bilan du progrès et tracer la voie à suivre pour une réponse globale au SIDA.

Depuis l'apparition du VIH, 30 ans auparavant, plus de 60 millions de personnes ont été infectées, et au moins 25 millions de personnes en sont mortes et plus de 16 millions d'enfants sont devenus des orphelins de la pandémie.

-0- PANA AA/MA/ASA/AAS/SOC 07juin2011

07 juin 2011 22:43:31




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