Le Congo dénonce l'exploitation de l'affaire des disparus

Brazzaville- Congo (PANA) -- Le gouvernement congolais a dénoncé samedi à Brazzaville l'exploitation politique de l'affaire des personnes portées disparues lors des différentes guerres civiles entre 1992 et 2001 au Congo.
"Nous avons les preuves que l'ancien président Pascal Lissouba, ses ex-Premiers ministres Bernard Kolélas et Joachim Yhombi Opango manipulent l'affaire des disparus pour remettre en cause le processus de reconstruction et de réconciliation nationale", a affirmé à la presse, le porte-parole du gouvernement, François Ibovi.
MM.
Lissouba, Kolélas et Yhombi Opango vivent en exil depuis 1997, après une guerre civile gagnée par l'actuel président congolais, Denis Sassou Nguesso, rappelle-t-on.
Des milliers de civils ont été portés disparus durant les guerres civiles qui ont opposé les partisans de l'opposition et du pouvoir entre 1992 et 2001.
Le Conseil national de transition (CNT-Parlement provisoire) a mis en place en 2001 une commission d'enquête pour faire la lumière sur ces disparitions.
Cette commission doit rendre public la semaine prochaine son rapport qui sera ensuite transmis au gouvernement, a-t-on appris de source officielle.
Les disparitions les plus frappantes ont eu lieu en mai 1999.
Il s'agit de 353 personnes qui rentraient de la République démocratique du Congo (RDC) où ils s'étaient réfugiés après avoir fui les affrontements entre l'armée et les miliciens 'ninjas' de M.
Kolélas.
Ces personnes, pour la plupart des jeunes, ont été arrêtées à leur retour au débarcadère fluvial de Brazzaville, alors qu'ils rentraient à la demande des autorités nationales et suite à un accord tripartite entre les gouvernements du Congo, de la RDC et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
A l'époque, le HCR avait écrit au gouvernement pour demander des explications, mais n'avait pas interrompu les rapatriements.
Le comité des familles des disparus a tenté à plusieurs reprises auprès des autorités congolaises d'obtenir la libération de leurs proches qui étaient accusés d'être des 'ninjas' au service de M.
Kolélas.
Il avait envisagé de déposer une plainte contre certains responsables de l'Etat.
Cette initiative n'avait pas trouvé de suite favorable.
Le 5 décembre 2001, deux rescapés de ces arrestations ont porté plainte au tribunal de Meaux en France contre le président Denis Sassou Nguesso, le ministre de l'Intérieur, le général Pierre Oba, l'inspecteur général des armées, le général Norbert Dabira et le directeur général de la garde républicaine, le général Blaise Adoua.
Le 8 juillet dernier, le général Dabira a été interrogé par deux juges d'instruction du tribunal de Meaux.
Il n'a pas été mis en examen.
Il sera à nouveau interrogé en septembre prochain.
Parallèlement, la justice congolaise a ouvert elle aussi une instruction judiciaire sur ces disparitions de 1999.
M.
Ibovi, a dit qu'il faut laisser la justice faire son travail jusqu'au bout et accusé l'ancien président Lissouba, MM.
Kolélas et Yhombi Opango de manipuler "l'affaire des disparus de 1999 dans le but de ternir l'image du Congo".
"Ce sont toujours les mêmes qui ont transformé le Congo en une vallée de larmes et de sang qui veulent encore perpétuer leurs actes horribles.
Nous avons des preuves qu'ils manipulent les gens qu'on veut présenter comme les rescapés ou les témoins", a encore dit M.
Ibovi.

13 juillet 2002 11:42:00




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