Le Collectif des Comoriens de La Réunion dit "oui malgré tout"

Moroni- Comores (PANA) -- Le Nouvel ensemble comorien en train de se mettre en place peut présenter de réelles perspectives de développement pour l'archipel, mais en même temps il renferme tous les germes d'un possible séparatisme futur qui serait, cette fois, irréversible.
Telle est en substance la position affirmée lundi, au cours d'une conférence de presse à Moroni, par les dirigeants du Collectif pour la défense de l'unité et l'intégrité territoriale des Comores, basée à La Réunion.
Pour MM.
Ali Mlamali et Ali Mansour, les "maigres prérogatives" accordées au chef de l'Etat et surtout les Lois fondamentales des îles constituent autant de dangers potentiels, car le fait que chaque île dispose de sa propre Constitution consacre l'existence "d'Etats qui ne disent pas leur nom".
"Lorsque des régions sont dotées de leur propre Loi fondamentale, on n'est plus en présence d'une fédération, mais bien d'une confédération, or tout peut arriver à une confédération", ont-ils fait observer, soulignant cependant que "tout n'est pas perdu pour autant".
En effet, expliquent MM.
Mlamali et Mansour, si les nouveaux gouvernants du pays décident de rompre avec les méthodes de gestion et les comportements qui ont conduit l'archipel dans cet "abîme", s'ils s'attellent à la résolution des problèmes, alors le séparatisme sera vaincu et le pays pourra prendre un nouveau départ.
Mieux, "d'autres dispositions pourront venir de la France et même de Mayotte" en vue de la réintégration de cette île puisque la marche vers sa départementalisation embarrasse les autorités françaises qui "savent qu'aux yeux du droit international" Mayotte est comorienne", a soutenu M.
Ali Mlamali.
Pour le Collectif, la résolution de la question maoraise s'impose comme une nécessité incontournable, non seulement parce qu'il faut recouvrer cette partie du territoire comorien, mais aussi parce que Mayotte a toujours servi jusqu'ici de tête de pont à tous ceux qui viennent "porter des coups à la République fédérale islamique".
En outre, le Collectif a exhorté les futurs responsables du pays à penser à mettre en place des "institutions convergentes" entre les îles, notamment une caisse de stabilisation, pour corriger les déséquilibres qui nourrissent les sentiments séparatistes.
A la question de savoir si ce n'est pas trop facile de poursuivre une carrière à l'abri à l'étranger et venir de temps à autre distribuer des mauvais points à ceux qui s'impliquent dans la gestion du pays, l'ex-ministre Mlamali, qui est enseignant à la Réunion depuis les années 1970, a répondu que le pays avait besoin des Comoriens résidant à l'étranger pour expliquer ses problèmes au reste du monde.
"De toute manière, les Comores ne peuvent pas donner du travail à tous ceux qui en demandent", a-t-il ajouté.

15 janvier 2002 08:09:00




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