Le Cap-Vert plaide pour la consolidation des Etats africains

Praia- Cap-Vert (PANA) -- Le président du Cap-Vert, Pedro Pires, a plaidé, mardi à Accra (Ghana), où il participe au 9ème sommet ordinaire de l'Union africaine (UA), pour la recomposition et la consolidation des Etats en crise avant la création d'un gouvernement continental.
S'exprimant durant le sommet de l'UA, Pedro Pires a déclaré que l'on doit établir, comme première priorité, la recomposition et la consolidation des Etats en crise, afin de surpasser les facteurs générateurs d'instabilité, de méfiance et d'incertitude pour l'avenir, qui sont comme des obstacles matériels et psychologiques à la mise en œuvre de tout projet unitaire.
Pedro Pires a souligné que le processus qui implique "l'union et la convergence des politiques" est complexe aussi bien par son amplitude que par sa disparité des intérêts actuels et la diversité de ses acteurs.
"Pour qu'il y ait résultat, il est prioritaire de commencer par le bas, c'est-à-dire élargir et renforcer les domaines d'intérêts et les objectifs communs, renforcer les facteurs de rapprochement et de convergence, identifier et renforcer les valeurs politiques et morales partagées, génératrices aussi des relations de confiance et de rapprochement entre les partenaires", a-t-il précisé.
Le chef d'Etat cap-verdien plaide pour une prudence et une approche graduelle, adoptant ainsi la position du maintien et du renforcement des conditions actuelles, mettant de côté l'idée de création d'un Exécutif continental.
"C'est parce qu'il est même contre productif de remplacer la volonté politique par le commandement politique", a-t-il soutenu.
Pedro Pires a encore rappelé que l'UA fait montre de plusieurs faiblesses, dont la plus grande est d'ordre financière, une situation qui, si elle n'est pas résolue, pourrait à moyen ou long terme remettre en cause la survie de l'organisation.
Il a indiqué comme priorité d'adapter les objectifs aux moyens disponibles ou prévisibles et de garantir la durabilité financière de l'organisation.
Il a considéré pertinente, en ce moment, une lecture réaliste et pragmatique du chemin parcouru, pour adopter une meilleure et réaliste projection de l'avenir.
"Si je vois la nécessité de renforcer les facteurs qui stimulent le souhait d'union - les affinités culturelles, la communion des biens et le patrimoine à valoriser, la convivialité historique, les intérêts communs, la volonté d'assumer et de construire un destin commun, une plus grande sécurité dans la garantie et la défense des intérêts individuels et collectifs - je reconnais aussi qu'il y a nécessité de prendre en compte les différences qui existent entre les Etats africains et au sein de l'UA", a-t-il observé.
Le chef d'Etat cap-verdien a déclaré que l'UA doit maintenir sa structure actuelle, surtout qu'elle n'a pas eu le temps de prouver son efficacité et sa pertinence, car ses institutions "ont été installées à la hâte".
"C'est ce défaut de naissance qui doit être réparé, d'abord", a précisé le chef d'Etat cap-verdien, ajoutant que les échecs de l'Afrique sont aussi les échecs de ses Etats.
"Les processus de construction des institutions des Etats de droit forts, fonctionnels et efficaces, garantis et les principaux acteurs de tout projet politique libérateur, ont dû surmonté de nombreux obstacles et se sont améliorés et consolidés", a-t-il rappelé.
Le président cap-verdien a déclaré que les Etats sont les "particules" de l'édification des organisations régionales ou continentales africaines.
Plus de 30 chefs d'Etat et de gouvernement participent au sommet de l'UA à Accra, qui a comme seul point de l'agenda, la création d'un gouvernement continental.

03 juillet 2007 15:16:00




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