Le CPJ réclame la libération immédiate du journaliste Mwingamb en RDC

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a réclamé aux autorités de la République Démocratique du Congo (RDC), l'abandon de toute poursuite et la libération immédiate du rédacteur en chef de l'hebdomadaire "Le Fédéral", Jeef Mwingamb.

Selon le conseil de M. Mwingamb, Me David Ilunga Sheria, il est poursuivi pour diffamation en vertu de l'article 74 du code pénal congolais à la suite d'une plainte d'un ministre du gouvernement régional, Viviane Kapufi Mwansa.

Mme Mwansa a déposé une plainte auprès du service fédéral de sécurité dénonçant la manière dont elle est décrite dans un article paru dans "Le Fédéral" du 19 août dernier.

M. Mwingamb a été arrêté le 30 août à la suite d'une convocation au bureau du service national de sécurité de Lumumbashi.

Sa comparution vendredi devant un tribunal pour audition a été annulée à cause de ses ennuis de santé.

Le CPJ a déclaré ne pas être en mesure de déterminer si M. Mwingamb était toujours détenu dans les locaux du parquet général régional ou s'il avait été admis dans un hôpital pour suivre un traitement médical.
Pour la Coordonnatrice du programme Afrique du CPJ, Angela Quintal, M. Mwingamb n'aurait jamais dû être arrêté ni détenu, et les autorités congolaises devraient le libérer immédiatement et s'assurer qu'il bénéficie d'un traitement médical approprié.

"Il est scandaleux que des membres de la presse soient la cible de plainte en diffamation pour avoir simplement fait leur travail", a condamné Mme Quintal.

La secrétaire régionale à Lumumbashi, de l'Union nationale de la presse du Congo, Marianne Yav, a déploré le recours au service de sécurité de l'Etat pour arrêter les journalistes.

Le CPJ note une posture de répression à l'encontre des reporters critiques de la part des autorités congolaises au cours de ces dernières semaines. Il rappelle le cas du journaliste Jean-Pierre Tshibitshabu, de la Radio Télévision indépendante, KADEKAS, condamné à huit mois de prison le 29 août après son arrestation le 31 juillet dernier au cours des manifestations nationales de protestation pour la tenue d'élections et cite aussi celui d'au moins 18 autres journalistes brièvement arrêtés ou harcelés.

Le CPJ précise qu'il n'a pu joindre la ministre Mwansa pour obtenir sa version des faits, ni que le service national de sécurité n'a répondu à ses nombreux appels téléphoniques.

-0- PANA BAL/TBM/SOC 02septembre2017

02 septembre 2017 09:47:28




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