Le CPJ réclame la libération d'un journaliste détenu en RDC

New York, Etats-Unis (PANA)   - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ, basé aux Etats-Unis) a demandé la libération immédiate d'un journaliste radio, Robert Shemahamba, détenu depuis vendredi dans la ville d'Uvira, à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), pour avoir diffusé une émission politique critique envers les responsables locaux.

Dans un communiqué, le CPJ a déclaré que M. Shemahamba, directeur de la radio communautaire Tele Mitumba, a été placé en détention par l'Agence nationale de renseignements congolaise (ANR) après avoir refusé de se soumettre à un interrogatoire sans un avocat.

M. Shemahamba n'a été inculpé pour aucun délit.

L'affaire remonte au 12 décembre quand la radio a diffusé une émission au cours de laquelle trois opposants ont critiqué les responsables de la municipalité d'Uvira pour leur mauvaise gestion.

M. Shemahamba était le modérateur de l'émission. Le maire d'Uvira, Joseph Mbarato et le trésorier de la municipalité, Victor Mbarato, ont refuté les accusations de l'opposition et leur administration a ordonné la suspension de l'émission hebdomadaire de Radio Télé Mitumba.

"Il est scandaleux qu'un journaliste soit arrêté dans une démocratie pour avoir tenu le rôle de modérateur dans un débat entre des opposants politiques", a déclaré le coordonnateur du Plaidoyer du CPJ Afrique, Mohamed Keita, dans le communiqué. "Robert Shemahamba doit être libéré immédiatement et la suspension qui frappe l'émission doit être levée", a-t-il ajouté.

Dans une interview accordée au CPJ, le maire d'Uvira, M. Mbarato, a accusé Shemahamba d'avoir permis aux invités de son émission "d'injurier le chef de l'Etat", en faisant allusion à un commentaire critiquant le président Joseph Kabila.

Toutefois, le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga,  a déclaré au CPJ avoir protesté contre cette arrestation et saisi son collègue de l'Intérieur pour la résolution de cette affaire.

"Nous n'avons pas de police politique dans ce pays", a-t-il ajouté.

-0- PANA PR/SEG/FJG/TBM/SOC 22déc2010

22 décembre 2010 18:23:46




xhtml CSS