Le CPJ invite l'UA à faire respecter la liberté de la presse

Lagos- Nigeria (PANA) -- L'organisation de défense des droits de la presse basé à New York, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), a invité, jeudi, la Commission de l'Union africaine (UA) à "défendre activement et à faire respecter la liberté de la presse à travers le continent".
Cet appel est contenu dans une lettre adressée au président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, par le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon, alors que les dirigeants africains convergent à Addis-Abeba en Ethiopie, pour le premier de leurs deux sommets annuels qui s'ouvre ce jeudi.
"Le CPJ appelle votre organisation à renforcer les institutions de l'UA qui se consacrent à défendre la liberté de la presse, comme la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples et le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs et rappelle aux Etats leur obligation de faire respecter la liberté de la presse dans le cadre de leur adhésion à l'union.
"Nous vous rappelons respectueusement que les Etats membres de l'UA sont signataires de l'Article 9 de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples.
En outre, la plupart de ces pays sont dotés de constitutions qui garantissent la liberté de la presse.
Mais il est clair que ces garanties ne sont pas effectives d'elles-mêmes.
"Au vu de la mission de l'UA de promouvoir la bonne gouvernance et la démocratie, nous vous invitons à donner à la liberté de la presse l'importance qu'elle mérite.
Les Etats membres de l'UA doivent tenir leurs engagements et permettre à la presse dans leurs pays de travailler librement, sans crainte de représailles.
"En garantissant la liberté d'expression et la liberté de la presse, l'UA peut aider à l'instauration de la démocratie et de la stabilité sur le continent", écrit le CPJ.
Le comité a révélé que son enquête en cours sur la situation de la liberté de la presse dans le monde révélait "une tendance préoccupante à la dégradation de la liberté de la presse en Afrique sub-saharienne, y compris dans les Etats membres salués pour la tenue récentes d'élections démocratiques.
En outre, 10 journalistes ont été tués dans le cadre leur travail cette année sur le continent, ce qui est le bilan le plus élevé depuis 1999, souligne le comité.
Le CPJ indique que son étude en 2007 a révélé que trois pays d'Afrique sub-saharienne faisaient partie des endroits du monde où la liberté de la presse avait le plus diminué au cours des cinq dernières années; à savoir l'Ethiopie, la Gambie et la République démocratique du Congo.
Il a souligné que tous ces trois pays étaient signataires de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, avaient des garanties constitutionnelles pour la liberté de la presse et des dirigeants démocratiquement élus avec le soutien de l'Occident.
"Deux d'entre eux, la Gambie et l'Ethiopie, abritent même des bureaux de l'UA dans leurs capitales.
Cependant, dans chacun de ces pays, les élections ont été suivies d'une répression des médias.
"La répression par le gouvernement de la presse indépendante en Ethiopie et en Gambie ont obligé des dizaines de journalistes à s'exiler.
En RDC, quatre meurtres de journalistes et une série d'abus ont été commis par les autorités dans une impunité totale à la suite des élections de 2006", a ajouté le CPJ.
Il s'est également déclaré préoccupé par la situation de la liberté de la presse en Erythrée, en Somalie et au Zimbabwe.

31 janvier 2008 16:09:00




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