Le CPJ exige des enquêtes sur des agressions contre des journalistes kényans

Banjul, Gambie (PANA) - "Les autorités au Kenya devraient, de manière crédible, ouvrir des enquêtes sur les harcèlements dont sont victimes les journalistes qui couvrent la période post-électorale kenyane, au lendemain des élections âprement disputées le 8 août", a déclaré le Comité en charge de la protection et de la défense des journalistes (CPJ) ce vendredi.

Dans un communiqué transmis à la PANA ce vendredi à Banjul, le CPJ a révélé qu'au cours de la semaine suivant les élections kényanes du 8 août, 10 journalistes seraient victimes d'agressions et de harcèlements dans l'exercice de leur travail.

"Comme ça été vérifié par les sources du CPJ, les journalistes avaient été également pris pour cible durant la campagne pré-électorale", souligne le communiqué.

L'organe en charge de la défense des journalistes a déclaré en outre que le gouvernement kenyan devrait réformer la loi sur les armes à feu pour enlever les barrières empêchant les journalistes de se munir de gilets pare-balles et de gilets de protection.

''Les journalistes au Kenya devraient avoir l'autorisation de faire des reportages sans crainte de violence, d'intimidation ou d'empêchement de la part des forces de sécurité ou de n'importe qu'elle autre personne", a indiqué la Coordinatrice du programme du CPJ en Afrique, Angela Quintal.

Selon un communiqué qui date du 12 août, le journaliste, Duncan Khaemba, de la chaîne de télévision kenyane (KTN) était en train de couvrir les violentes manifestations post-électorales dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, lorsqu'il fut arrêté pour possession de casque et de gilet-pare balles sans autorisation.

Cependant, la police kényane a confié plus tard au CPJ que les poursuites à l'encontre du journaliste ont été abandonnées le 15 août.

"Les autorités au Kenya et d'ailleurs devraient enlever ou alléger les procédures administratives qui empêchent les journalistes d'être en sécurité lorsqu'ils travaillent dans des environnements hostiles", a déclaré depuis New York, le directeur en charge des urgences au CPJ, Maria Salazar-Ferro.

Pour rappel, la loi kenyane sur les armes considère les gilets pare-balles comme des armes à feu et stipule que personne ne doit en disposer sans posséder une licence.

M. Khaemba a indiqué à l'endroit du CPJ qu'il possédait une copie de la licence pour le gilet pare-balles au moment de l'arrestation.

Mais, d'après le commandant de la police de la division de Kilimani, Joseph Muthee, il manquait au certificat un permis, avant d'ajouter que celui-ci était exigé par les autorités dans le but de  parer à une mauvaise utilisation des casques de sécurité et des gilets pare-balles par les criminels.

Mais d'après le journaliste et le gérant de l'édition de la chaîne de télévision kenyane (KTN), Joe Ageyo, les forces de sécurité kényanes ne leur ont jamais auparavant demandé des permis et des autorisations.

Le secrétaire général du syndicat des journalistes kényans, Erick Oduor, a déclaré à l'endroit du CPJ que l'arrestation de M. Khaemba avait pour objectif de perturber et de saboter sa couverture des manifestations.

Pour rappel, des manifestations post-électorales avaient éclaté dans certaines parties de Nairobi et dans la région ouest de Nyanza, au lendemain de la proclamation des résultats par la commission électorale.

Le chef de la principale coalition de l'opposition, Raila Odinga, avait qualifié ces élections de truquées, incitant ainsi ses militants à descendre dans la rue et à protester.

Selon le CPJ, M. Khaemba n'a pas été le seul journaliste à subir des harcèlements dans le cadre de ses activités professionnelles.

Matina Stevis, correspondante du journal Wall Street en Afrique, a indiqué à l'endroit de l'organe en charge de la protection des journalistes qu'elle avait été frappée à la tête avec un gourdin le 12 août et qu'elle avait été sauvée par son casque.

Contacté par le CPJ sur les agressions contre les journalistes, le porte-parole du ministère kenyan de l'Intérieur, Mwenda Njoka, a nié la violence contre les journalistes.

"En gros, je peux vous dire que c'est par malchance que des journalistes avaient été blessés, et nous invitons à l'avenir tout journaliste victime de coups ou autres de la part de la police à porter plainte et nous ouvrirons des investigations dans ce sens", a-t-il ajouté.

-0- PANA MLJ/AR/BAD/TBM/SOC 18août2017



















18 août 2017 20:54:20




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