Le CPJ dénonce le harcèlement et l’intimidation des journalistes au Tchad

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a réclamé l’arrêt des actions de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des journalistes par des officiers de renseignement du Tchad.

La réaction du CPJ est consécutive à la mise en clandestinité de deux journalistes tchadiens après des actes de harcèlement d’officiers de l’Agence nationale de sécurité (ANS) et la détention d’un journaliste contraint à s’excuser pour son travail.

Le représentant pour l’Afrique de l’Ouest du CPJ, Peter Nkanga, a relevé que le harcèlement des journalistes par les agents de l’ANS avait créé en leur sein la peur, les obligeant à entrer en clandestinité.

"Les autorités devraient s’assurer que tous les journalistes, y compris Eric Kokinague et Malachie Mbaigara, soient libres de rendre compte sans crainte de représailles", a-t-il noté.

Selon le CPJ, Eric Kokinague, éditeur du journal "Tribune Info", qui paraît trois fois par mois, est entré en clandestinité le 25 février dernier, après avoir reçu une alerte que des agents armés et encagoulés de l’ANS étaient à sa recherche à son domicile.

Dans son témoignage, Eric Kokinague a précisé que ces agents présents à son domicile, ont demandé à son épouse son téléphone et son ordinateur, qu’elle n’avait pas en sa possession. Ils n’auraient emporté que d’anciennes parutions de "Tribune Info".

Eric Kokinague a déclaré craindre pour son épouse et qu’il était recherché par les agents de l’ANS pour le punir à cause d’un article paru dans l’édition de "Tribune Info" du 22 au 28 février dernier dans lequel, l’auteur, Daniel Ngadjadoum, qualifiait de menteur le président Idriss Deby Itno pour n’avoir pas respecté sa promesse de rempiler pour un autre mandat en procédant à une réforme constitutionnelle l’autorisant à se porter candidat en 2016.

Daniel Ngadjadoum a été arrêté le 26 février dernier par les agents de l’ANS en revenant de l’église et relâché le 1er mars, sans inculpation sur ordre du procureur de la République.

Daniel Ngadjadoum a déclaré à l’Agence France Presse qu’il avait écrit une lettre d’excuse au gouvernement sous la menace du général Ismat Acheik, directeur général de l’ANS, qui l’a interrogé sur son article indexant le président Deby.

L’éditeur de l’hebdomadaire "Mutations", Malachie Mbaigara, est aussi entré en clandestinité après son arrestation à son bureau, le 21 février dernier, par des agents de l’ANS. Il aurait été interrogé durant plusieurs heures comme le rapportent les médias et le président de l’Union des journalistes tchadiens, Belngar Larme.

L’interrogatoire aurait porté sur l’annonce dans un article de publication ultérieure des noms de journalistes émargeant au budget des services de renseignement.

M. Larme a déclaré au CPJ que Malachie Mbaigara n’aurait plus rendu publics lesdits noms après son interrogatoire par les agents de l’ANS.

Le CPJ a souligné que le général Ismat Acheik a refusé de leur parler lorsqu’il a été joint par téléphone, de même que le ministre de la Communication, Madeleine Alingue, a déclaré qu’elle n’était pas en mesure de commenter cette affaire.
-0- PANA BAL/JSG/IBA 07mar2017

07 mars 2017 12:18:23




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